Des surplus alimentaires récupérés pour faire du jus frais | 24 heures
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Des surplus alimentaires récupérés pour faire du jus frais

Avec des jus frais faits à partir de 300 tonnes de fruits et légumes voués au dépotoir chaque année, une entreprise souhaite lutter contre le gaspillage alimentaire.

«L’idée est partie d’un problème à résoudre, quand le distributeur de fruits et légumes Courchesne Larose nous a contactés pour nous dire qu’il avait des surplus de 6000 tonnes chaque année», explique Julie Poitras-Saulnier, cofondatrice des jus Loop. Les jus seront commercialisés dans les prochains jours dans des épiceries et boutiques alimentaires de Montréal.

Transformer des pertes alimentaires en matières premières est le concept de la jeune entreprise, selon le modèle de l’économie circulaire. Ananas, gingembre, raisins, betteraves, concombres, fenouils, pommes, bleuets, clémentines, poivrons, carotte font, entre autres, partie des fruits et légumes récupérés.

Même la pulpe des fruits sera transformée et offerte à un fabricant pour la préparation de nourriture pour animaux.

Encore bons

À l'étape de la distribution, les pertes alimentaires sont encore plus grandes qu'à l'étape de la commercialisation en supermarché, soutient Julie Poitras-Saulnier, alors que les fruits et légumes sont encore bons à la consommation.

«L’industrie fonctionne en commandant des mois à l’avance avant de vendre et c’est de la spéculation, laisse-t-elle savoir. L’entreprise en donne beaucoup à des organismes, qui sont limitées dans leur capacité à en recevoir, car ce sont des produits frais et ça ne peut pas se conserver longtemps.»

En récupérant les végétaux, Mme Poitras-Saulnier et ses partenaires d’affaires, David Côté et Frédéric Monette, veulent éviter que l’équivalent de 250 tonnes de gaz à effet de serre soit généré au bout d’un an dans un site d’enfouissement, selon des données d’Environnement Canada consultées par les jeunes entrepreneurs.

Pressé à froid

Le jus est pressé à froid, donc cru, pour garder les nutriments et les enzymes, contrairement à une boisson normale pasteurisée à haute chaleur. Les entrepreneurs utilisent ensuite la pascalisation à haute pression, une technique de conservation des aliments. Le jus peut se conserver grâce à cette méthode 55 jours.

Le chef derrière les mélanges de fruits et de légumes est David Côté, cofondateur du restaurant Crudessence et de la boisson Rise Kombucha.

Les saveurs des produits tendent à changer au gré des arrivages de l’industrie et des saisons, mais quatre jus resteront les mêmes.

À peine le lancement du jus fait, l’entreprise voit loin et désire élargir son offre avec des «popsicles» et des smoothies.

L’économie circulaire, c’est quoi?

L’économie circulaire est un modèle visant à accroître la productivité des ressources circulant déjà sur le marché. Cela permet de réduire le taux d’extraction de ressources naturelles. Kijiji ou Renaissance, à titre d’exemple, sont des initiatives qui entrent dans l’économie circulaire. Elles permettent aux objets d’avoir une deuxième vie, à la place d’aller directement aux vidanges.

«L’économie circulaire n’est pas une rupture par rapport au modèle économique actuel, mais plutôt une progression, explique Daniel Normandin, directeur exécutif de l’Institut de l'environnement du développement durable et de l'économie circulaire (Institut EDDEC). «On passe d’une économie linéaire, où on jetait tout, à une économie dans laquelle on a avantage à fermer une boucle parce que les ressources sont limitées sur la planète. La demande est exponentielle avec l’augmentation de la population et l’accroissement du bien-être des populations en voie de développement voulant tendre à un niveau de vie équivalent à celui occidental.»

Des projets commencent à se pointer à Montréal en économie circulaire. De concert avec la Ville, l’Institut EDDEC travaille à cartographier les différentes initiatives d’économie circulaire à Montréal.