Difficile d’être une épicerie «zéro déchet» | 24 Heures MTL
/activities/restaurants

Difficile d’être une épicerie «zéro déchet»

Il faudra des années avant que la nouvelle épicerie écologique LOCO tienne sa promesse du zéro déchet absolu, admet la cofondatrice, même si la clientèle a répondu présent, après seulement une semaine d’activité.

«Le zéro déchet, c’est plus une philosophie, un objectif qui prendra du temps à se réaliser, confirme d’entrée de jeu Marie-Soleil L’Allier, cofondatrice de l’Épicerie LOCO. Le plus grand défi, c’est l’emballage des produits qui viennent de l’extérieur, en particulier de l’étran­ger. Il faut travailler avec les fournisseurs pour réduire la quantité de recyclage qu’on doit produire actuellement.»

Réflexes à changer

Même si l’épicerie Loco, qui est située près du métro Jarry, produit quelques rebuts, il y a beaucoup moins de déchets que dans une épicerie traditionnelle puisqu’on y trouve des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien biologiques en vrac.

Ainsi, après avoir pesé leur contenant, les clients se servent directement de la farine, des pâtes, des fruits séchés, du riz, de l’huile, mais aussi du shampoing et même des aliments pour animaux.

Mais la philosophie zéro déchet que s’impose le commerce semble plus simple à appliquer auprès des clients que des fournisseurs.

«Ne pas produire de déchets exige un effort et, jusqu’à présent, on a une bonne collaboration des clients et des fournisseurs locaux», se réjouit Mme L’Allier, qui reconnaît cependant que le réflexe du suremballage est plus difficile à changer chez les grosses entreprises.

«Malgré nos demandes, on a reçu le granola en petits paquets, ou, lorsqu’on a fait faire des sacs en tissu, le réflexe [du fournisseur] a été d’ajouter une étiquette en carton», illustre-t-elle.

Contenants consignés

Certains produits ne sont pas vendus en vrac, mais dans des contenants consignés qui pourront être réutilisés. C’est le cas du beurre d’arachides, du dentifrice ou des jus, par exemple.

«Pour les produits congelés, comme les crevettes, le tempe et le saumon, il reste une pellicule d’emballage pour des raisons d’hygiène, mais on a été capables d’éviter l’emballage en carton, qui n’est que du marketing», ajoute Marie-Soleil L’Allier, qui précise que même les factures sont envoyées par courriel aux clients.

La famille Cardin Bissonnette, qui a banni les produits emballés individuellement, est spécialement venue de Laval pour essayer ce concept.

«Soit c’est bio et emballé, soit c’est en vrac et non bio; ici, c’est les deux», résume Émilie Durocher Noël, une autre cliente, résidente du quartier et visiblement conquise, qui en est déjà à sa seconde visite.

Quant à Stéfanie Guérin, qui limite ses déchets depuis une dizaine d’années, elle est venue de La Prairie avec une valise pleine de pots Masson pour faire le plein d’aliments bio.

À lire aussi

Et encore plus