Une nouvelle salle pour l’Est de Montréal | 24 heures
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Une nouvelle salle pour l’Est de Montréal

Malgré la baisse de fréquentation des salles de spectacles dans la métropole, l’équipe derrière la Salle Désilets a fait le pari un peu casse-cou de devenir un diffuseur officiel, pour le plus grand bonheur des gens du quartier.

Encastrée dans le cégep Marie-Victorin, la Salle Désilets est un trésor caché. «C’est une salle immense, très confortable, qui a été construite en 1965, raconte le directeur artistique de la Salle Désilets, Jean-Marc Ravatel. Historiquement, c’était un lieu de location, mais le C.A. a décidé de faire le grand saut en nous donnant la mission de devenir un diffuseur.»

Jean-Marc Ravatel reconnaît d’emblée que le milieu du spectacle en arrache. En effet, selon le dernier rapport sur la Fréquentation des arts de la scène au Québec en 2015 de l’Institut de la statistique du Québec, les salles situées sur l’Île de Montréal à l’extérieur du Quartier des Spectacles ont vu leur part de marché baisser de 45% à 36% en 10 ans. Le programmateur a toutefois constaté avec bonheur que le projet pouvait être viable. «Nous sommes excentrés, ce qui représente un avantage, car les gens des quartiers environnants apprécient de pouvoir consommer la culture à proximité», croit-il.

Les 3000 places de stationnement gratuites qu’offre la salle ne sont pas étrangères à l’intérêt que démontrent les habitants de Rivière-des-Prairies et Montréal-Nord, les deux quartiers qui entourent le cégep Marie-Victorin. «Le soir, c’est très long pour revenir en transport en commun. Si les gens font le choix d’aller au centre-ville, c’est aussi très dur de se garer et cela engendre des coûts supplémentaires au prix que l’on paie déjà pour le billet de spectacle», souligne-t-il.

Jouer du coude

Même si la Salle Désilets est excentrée, il reste qu’elle doit compétitionner avec les autres diffuseurs de l’île afin d’attirer des artistes. «J’essaie d’avoir des exclusivités, des débuts ou encore des fins de tournée, explique le directeur artistique. Or, j’ai fait le choix de ne pas avoir que des gros noms, mais aussi des artistes de la relève, car nous sommes dans un cégep qui a un des plus gros départements de musique du Québec et je veux que les étudiants y trouvent aussi leur compte.»

La programmation reflète cette volonté, et un artiste comme René Simard y côtoie une musicienne comme Emilie & Ogden. Les programmateurs souhaitent également offrir une expérience unique aux spectateurs qui s’y rendront. «Il y aura souvent un groupe qui offrira une prestation pendant que les gens attendent. On songe également à transformer à l’occasion la salle en cabaret en installant 125 spectateurs et l’artiste directement sur scène pour offrir une proximité unique», explique Jean-Marc Ravatel.

Spectacles extérieurs, encore plus d’exclusivités : la Salle Désilets vise à offrir une programmation de plus en plus importante et variée au cours des prochaines années. Reste à voir si Jean-Marc Ravatel et son équipe remporteront leur pari et que le public sera au rendez-vous.