L’Accueil Bonneau s’outille pour la santé mentale | 24 heures
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L’Accueil Bonneau s’outille pour la santé mentale

Les itinérants aux prises avec des troubles de santé mentale pourront obtenir de l’aide à l’Accueil Bonneau pour se sortir de la rue et se trouver un logement.

Le Projet réaffiliation en itinérance et santé mentale (PRISM), instauré depuis 2013 à la Mission Old Brewery, sera offert à partir du 27 février, dans le cadre d’un projet-pilote d’un an. À l’Accueil Bonneau, on compte 3 pièces avec 10 lits, où pourront transiter environ 60 personnes par année.

«Si je n’avais pas eu une place dans ce programme, je serais encore dans la rue en train de consommer, témoigne Samnang Nou, qui a bénéficié du programme PRISM, l’an dernier. Par moi-même, j’avais envie de m’aider pour me reprendre en main.»

Vivant avec des problèmes de santé mentale, il s’est retrouvé à la rue lorsque son propriétaire l’a chassé du logement où il habitait avec sa famille. Maintenant sur le bien-être social et dans un centre d’hébergement, l’homme de 36 ans ayant été en situation d’itinérance pendant quelques mois cherche un appartement. Il espère retourner travailler et faire des études de soir.

«J’ai demandé à aller en thérapie et ils ont fait toutes les démarches pour moi, ajoute-t-il. J’avais aussi 358 $ par mois avec une fiducie, nourriture et vêtements gratuits.»

Accès à 70 % à un logement

Le programme, affilié avec le service de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) et le CIUSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, a permis à 178 hommes à accéder à un logement. En tout, 47 femmes ont trouvé une place où loger, après être passées au pavillon Patricia Mackenzie. Un suivi est aussi fait pour une continuité de services de santé et une stabilité résidentielle.

Parmi les gens qui entrent dans le programme, 70 % accèdent à un logement, et 95 % de ceux-ci y restent à long terme.

Le projet de 150 000 $, payé à même le financement de l’Accueil Bonneau, permettra un accompagnement psychiatrique et médical intensif.

«En tout, 75 % des personnes qui fréquentent l’Accueil Bonneau sont aux prises avec des problèmes de santé mentale, et de ce nombre, 25 % ont des troubles sévères, souvent combinés à la toxicomanie», soutient Dr Olivier Farmer, le psychiatre à la tête du programme.

Itinérance et santé mentale

Au début janvier, un itinérant a été abattu par le SPVM, alors qu’il était en crise, derrière la Mission Old Brewery. L’homme de 38 ans, qui aurait agressé à l’arme blanche un individu, habitait dans un centre permettant la stabilité résidentielle pour les personnes ayant des troubles sévères de santé mentale, affilié à l’Institut Douglas.

En 2014, le sans-abri Alain Magloire, 41 ans, a succombé aux balles des policiers au centre-ville, alors qu’il les menaçait avec un marteau. Dans son rapport, le coroner Luc Malouin recommandait que PRISM soit implanté davantage dans les ressources pour personnes sans-abri.