Le SPVM veut changer son approche auprès des itinérants | 24 heures
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Le SPVM veut changer son approche auprès des itinérants

Une certaine méfiance régnait mardi dans les discussions des clients de la Mission Old Brewery, peu avant que des policiers leur servent le repas, alors que le SPVM venait d’annoncer qu’il acceptait l’aide de l’organisme pour former ses agents à de meilleures interventions avec les itinérants.                                                                               

«Ça fait vraiment bizarre de se faire servir notre repas par eux et on dirait qu’ils ont quelque chose à se faire pardonner, fait savoir Mélanie Fournier, qui fréquente les lieux depuis quatre ans. Peut-être le fait qu’ils ne font pas leur ouvrage comme du monde? Ils veulent aider plus les itinérants, mais ils n’agissent pas pour cela.»

Selon Yann Payette, un client, il y a de la tension entre les itinérants et les policiers depuis la mort d’Alain Magloire, en 2014, abattu par un policier. «Ils n’ont rien appris depuis, affirme-t-il. Il aurait fallu qu’ils aient plus de formation déjà depuis ce moment-là.»

La goutte de trop

La mort d’un sans-abri, Jimmy Cloutier, abattu par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le 6 janvier, derrière la Mission Old Brewery (OBM), était la goutte qui a fait déborder le vase, selon son directeur, Matthew Pierce.

«Dans le passé, à chaque fois que cette situation arrivait, j’ai offert au SPVM à faire de la sensibilisation et formation et on n’avait jamais de retour, dit-il. Nos moyens d’interagir avec une personne en itinérance et santé mentale sont totalement en opposition avec l’approche habituelle de la police, soit la rapidité et le contrôle physique.»

M. Pierce ajoute que les clients d’OMB rapportent souvent des situations où ils ont vécu de la violence ou un manque de respect de la part de policiers. Dans la formation donnée environ six fois par année aux policiers qui travaillent dans des postes de quartiers autour du centre-ville, on misera sur la communication, l’écoute des besoins et donner de l’espace physique à une personne en crise.

Servir des repas

Aussi, des agents serviront le repas aux itinérants quelques fois par année. «C’est une mesure de rapprochement pour montrer que les policiers sont quand même des êtres humains, et les personnes en situation d’itinérance le sont aussi», affirme le directeur.

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, veut que ses policiers interviennent mieux pour éviter une autre situation mortelle et rétablir les relations.

«À partir de la formation qu’on avait déjà, on vient ajouter des connaissances qui viennent bonifier la compréhension du phénomène, qui évolue aussi», indique-t-il.