Projet Montréal craint pour la sécurité des piétons | 24 heures
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Projet Montréal craint pour la sécurité des piétons

Projet Montréal craint pour la sécurité des piétons alors que les cyclistes sont maintenant invités à rouler sur le trottoir sous le viaduc Atwater et celui de la Montée de Liesse.

Depuis une semaine, du marquage au sol est apparu sur la chaussée, quelques mètres en amont de ces deux viaducs, invitant les cyclistes à rouler sur le trottoir. Montréal confirme que cet aménagement est permanent.

«C’est une mauvaise pratique, un trottoir c’est d’abord et avant tout pour les piétons et cet aménagement met leur sécurité en danger», a fait valoir la cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante.

Trop étroit

La Ville de Montréal explique que cet aménagement a été fait parce que la géométrie de ces viaducs qui sont plus étroits que d’autres ne laisse pas suffisamment d’espace pour y aménager un lien cyclable et qu’il était impossible de retirer une voie de circulation.

«Ce ne sont pas des pistes cyclables, ce sont des moyens de pouvoir passer sous le passage inférieur, a répondu Marc-André Gadoury, responsable du dossier vélo à la Ville de Montréal. Les cyclistes qui vont vouloir rouler rapidement vont rester sur la chaussée. Mais en raison de la largeur de la chaussée, de la hauteur du viaduc, ce n’était pas sécuritaire d’aménager un lien cyclable à cet endroit», a-t-il ajouté, disant avoir consulté une table de concertation sur le vélo pour en venir à cette décision.

La Ville ajoute que les cyclistes devront «respecter la priorité aux piétons afin d’assurer leur sécurité dans ce passage étroit».

Protéger les cyclistes

Appelée à réagir sur cette décision, Valérie Plante répond qu’«une piste cyclable sous un viaduc, ça devrait être une voie protégée, il faut des bollards, un terre-plein».

En 2014, après la mort de la cycliste Mathilde Blais sous le viaduc Saint-Denis, Montréal avait mis sur pied un plan d'action visant à sécuriser l'ensemble des passages inférieurs de l'agglomération. Sur les 57 viaducs qui ont nécessité des mesures supplémentaires, environ la moitié ont obtenu un lien cyclable, l’autre moitié offrent plutôt la possibilité aux cyclistes de rouler sur le trottoir.

Mesure temporaire

Le maire de Rosemont, François Croteau, regrette toutefois de voir une mesure qui se devait temporaire devenir permanente.

«Quand j’ai autorisé ce partage du trottoir en 2014 sur le viaduc Saint-Denis, j’avais été très clair que ça devait être une mesure temporaire pour sécuriser les cyclistes en attendant des mesures permanentes. Maintenant, ça fait école», a-t-il précisé disant ne pas avoir les pouvoirs comme arrondissement d’aménager un lien cyclable sur une rue artérielle.