Itinérants dans le métro: des organismes réclament moins d’amendes | 24 heures
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Itinérants dans le métro: des organismes réclament moins d’amendes

Alors que la Société de transport de Montréal (STM) se targue de contribuer à la lutte contre l’itinérance, ses inspecteurs continuent de remettre «trop» de constats d’infraction aux plus démunis, déplorent deux organismes montréalais.

«C’est vrai qu’il y a beaucoup de tickets qui se donnent aux personnes en situation d’itinérance, probablement trop [...] Beaucoup ont reçu trop de tickets et du coup ils se disent qu’ils ne peuvent rien entreprendre», soutient le directeur général de la Société de développement social (SDS), Émile Roux.

Mercredi, la STM a organisé un point de presse pour souligner sa participation dans le pôle de services en itinérance, un service d’aide aux itinérants offert par la SDS dans cinq stations de métro de la métropole par sept intervenants spécialisés.

«L’itinérance est un phénomène qui perdure partout dans le monde. On est fiers à la STM de se démarquer des autres sociétés de transport», a déclaré en conférence de presse le président du conseil d’administration de la société de transport, Philippe Schnobb, soulignant l’ouverture de l’entreprise à ces personnes en situation d’extrême précarité.

Alors que 430 interventions avaient été réalisées en 2012, lors du lancement de l'initiative, environ 3500 interventions sont désormais réalisées par année auprès de nombreux itinérants, qui bénéficient ainsi d’un soutien moral et peuvent être guidés, s’ils sont d’accord, vers des refuges ou d’autres ressources d’aide.

«En intervenant auprès des itinérants, on évite les appels au 911, on évite la remise de tickets parce qu’on fait du travail de prévention», a souligné M. Roux.

«Contreproductif»

Selon Élise Solomon, organisatrice communautaire au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), la remise de multiples constats d’infraction aux itinérants qui se couchent sur un banc, boivent de l’alcool ou circulent pieds nus dans le métro nuit à leur réinsertion sociale.

«Il y a beaucoup de constats que se remettent de façon discriminatoire. Ça peut briser le lien de confiance entre les personnes itinérantes et les intervenants [...] Ça crée un grand sentiment d’injustice de recevoir un ticket parce que t’es couché par terre», a décrit Mme Solomon, qui estime que ces constats d’infraction sont «contreproductifs» dans les efforts de réinsertion sociale de la SDS.

Modifier les règlements

Afin d’éviter que les itinérants soient «surjudiciarisés», Élise Solomon recommande que les inspecteurs de la STM soient plus tolérants à l’égard des itinérants et que certains règlements «discriminatoires» soient abolis.

Alain Larivière, surintendant au service Sûreté et contrôle de la STM, a affirmé qu’une analyse des constats d’infraction remis par les inspecteurs de la STM sera effectuée l’an prochain et n’écarte pas la possibilité de modifier certains règlements «si ça crée une situation de profilage».