Lutte à la corruptiuon: où en sommes-nous | 24 heures
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Lutte à la corruptiuon: où en sommes-nous

Pendant que les zizanies au sein de l'UPAC et entre l'UPAC et le politique font la manchette, qu'en est-il sur le terrain? Où en sommes-nous dans la lutte à la corruption deux ans après le dépôt du rapport de la commission Charbonneau?

Voici trois mesures importantes mises en place pour colmater des brèches. Mais où la vigilance est toujours de mise.

Les «Bureaux» d’Inspection

Positif - Montréal a son BIG (Bureau de l’Inspecteur Général). Laval, son BIEL (Bureau d’intégrité et d’Éthique de Laval). St-Jérôme, son BIPA (Bureau de l’Intégrité Professionnelle et Administratif. Et Longueuil aura son BIC (Bureau d’Inspection Contractuelle). Peu importe leur nom, ces «bureaux» ont tous le même rôle : surveiller l’octroi et l’exécution des contrats entre la Ville et ses fournisseurs. Rapidement devenus des incontournables, plusieurs autres municipalités veulent emboîter le pas.

Négatif - Leurs pouvoirs doivent maintenant s’étendre à l’immobilier et aux changements de zonage. Des zones de potentielles tractations en coulisse mais qui, pour le moment, passent sous le radar. Et les plus petits contrats octroyés par des arrondissements où des municipalités faisant partie d’une agglomération peuvent échapper à leur surveillance.

L’Autorité des marchés publics

Positif - Il aura fallu deux ans avant que l’Assemblée nationale donne suite à cette première recommandation du rapport de la Commission Charbonneau. Le projet de Loi 108, adopté à l’unanimité en décembre, fera en sorte que bientôt tous les contrats publics passeront sous la loupe de l’AMP. Nombre d’experts : 130. Budget annuel : 18M$.

Négatif - On ignore quand l’AMP sera opérationnelle. Et selon certains, elle devrait également devenir un centre d’expertise et avoir un rôle de soutien. Car c’est bien de passer les contrats au peigne fin mais un peu de «coaching» auprès des municipalités ne ferait pas de tort.

Projet de loi 122

Positif - Les municipalités ont applaudit ce projet de loi qui leur donne davantage de pouvoirs et d’autonomie. Aménagement du territoire, fiscalité, gouvernance. Dans certains domaines, les municipalités peuvent maintenant adopter des solutions qui leurs sont propres et ainsi mieux répondent aux besoins de leurs citoyens.

Négatif- Les Villes peuvent abolir les référendums citoyens en les remplaçant par une «participation citoyenne» aux contours plutôt flous. Un cadeau pour les élus qui n’auront plus systématiquement à consulter la population, par exemple, pour un changement de zonage. S’ils ne veulent pas s’en faire passer une vite, les citoyens devront suivre de près ce qui se passe dans leur l’Hôtel-de-ville.

Car pour gagner la guerre contre la corruption, il faut un changement de culture à tous les niveaux. Élus, employés municipaux, fournisseurs doivent y prendre part. Mais aussi, les citoyens.