Un salaire minimum à 12 $ profitable? | 24 heures
/activities/todo

Un salaire minimum à 12 $ profitable?

De plus en plus de travailleurs peinent à joindre les deux bouts. Même les diplômés. À Montréal, quatre personnes sur dix qui vivent avec de faibles revenus occupent un emploi, dont trois à temps plein.

Près de 125 000 travailleurs et leur famille sont dans cette situation dans la région métropolitaine. Centraide a sonné l’alarme.

«On a élevé nos enfants en leur disant qu’un diplôme et un emploi les protègeraient de la pauvreté. Cette réalité s’effrite et ébranle le fondement même de notre société» explique Mario Régis, vice-président au développement social de l’organisme.

15$ l’heure pour vivre

Pour les travailleurs qui verront leur salaire passer de 11,25$ à 12$ l’heure le 1er mai, c’est une bonne nouvelle.

Mais ce n’est pas suffisant selon le Front de défense des non-syndiqué(e)s.

«Pour qu’une personne puisse joindre les deux bouts, différents indicateurs, comme le salaire viable, pointe vers un salaire minimum de 15$ l’heure. Selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), le salaire viable pour une personne seule à Montréal est de 15,44$ l’heure» explique Mélanie Gauvin, responsable du Front et porte-parole de la campagne 5-10-15.

Pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, il y aurait des impacts importants, si le Québec imitait l’Ontario où le salaire minimum passera à 15$ l’heure en 2019.

Selon Simon Gaudrault, plusieurs des 109 000 propriétaires d’entreprises qu’il représente ne savent pas encore comment ils vont absorber la hausse à 12$ l’heure.

«C’est vraiment beaucoup. On était pas prêt. Il pourrait y avoir des pertes d’emploi. Mais aussi moins d’heures, de formation ou d’embauche d’étudiants cet été.»

Contribuables vs entreprises

Pour le moment, sans filet social (déductions fiscales, crédit d’impôt, prestations gouvernementales, etc.) plusieurs ménages n’arriveraient pas à boucler leur budget.

La campagne 5-10-15 milite pour que le revenu de travail permette non seulement de subvenir à ses besoins de base mais aussi d’avoir une marge de manoeuvre pour sortir de la pauvreté.

Selon Mélanie Gauvin : «C’est au tour des entreprises de faire leur part. Entre 2008 et 2010, il y a eu trois hausses successives de 0,50$ du salaire minimum et le Québec n’a connu aucune catastrophe, ni sur l’économie, ni sur l’emploi. Et en 2010, le commerce de détail a fait des profits record. Nous ce qu’on dit, c’est responsabilisons les entreprises».

Rappelons que ce filet social repose en bonne partie sur les épaules des contribuables.

*Ne manquez pas l’émission Mise à jour animée par Sophie Vallerand les lundi 20 h sur les ondes de MAtv.