Être ou ne pas être Airbnb | 24 heures
/activities/todo

Être ou ne pas être Airbnb

Nouvelle serrure numérique. Davantage de bruit, même la nuit. Plus de va-et-vient. Des gens, plus nombreux qu’à l’habitude, circulant dans votre immeuble ou aux abords avec sac à dos et valises. Pas de doute. Votre nouveau voisin s’appelle Airbnb.

Le site de location temporaire est de plus en plus en vogue auprès des voyageurs.

Des milliers de Montréalais l’utilisent aussi pour arrondir leurs fins de mois en louant leur appartement à des touristes. Montréal fait partie des 10 villes les plus populaires sur Airbnb.

La bonne nouvelle (selon Airbnb) : des retombées économiques de près de 55 millions de dollars pour la métropole.

La mauvaise nouvelle : des pénuries et des hausses de loyers dans les arrondissements les plus touchés, soit le Plateau-Mont-Royal (PMR), Ville-Marie et Rosemont–La Petite-Patrie.

Interdire Airbnb

Lorsqu’occasionnelle, la pratique est sans grande conséquence. Le problème, ce sont les « super-locateurs » qui utilisent Airbnb pour en faire un commerce et louer, à l’année, un ou -plusieurs logements.

Selon le Comité logement du PMR, 5 % du parc locatif du quartier (de 3000 à 5000 logements) est disparu en raison d’Airbnb.

Les logements abordables se font donc plus rares. Sans compter le tapage nocturne, les va-et-vient incessants, les -déchets et la détérioration de la vie de quartier. Pour le comité logement du PMR, il n’y a qu’une -solution ; il faut interdire Airbnb comme l’a fait -Berlin, en Allemagne.

Meilleur encadrement

Dans plusieurs villes, comme Toronto et San Francisco, où Airbnb est né, on a opté pour un meilleur encadrement. Pour ce faire, en 2015, Québec a adopté une loi anti-Airbnb et engagé une vingtaine d’inspecteurs.

Selon Québec solidaire, qui a déposé son propre projet de loi pour simplifier la vie des occasionnels Airbnb et compliquer celle des -super-locateurs, cette loi s’est avérée être un échec.

Le parti souhaite ainsi établir une période de location maximale de 60 jours annuellement, s’assurer que les lieux soient habités par l’exploitant et donner à Airbnb la responsabilité de faire respecter ces règles.

Interdire Airbnb priverait Montréal de nombreux touristes qui ne voyagent pas autrement, voyageurs qui dépensent et stimulent l’économie locale. Et contrairement à Uber, Airbnb collabore et perçoit même la taxe québécoise sur l’hébergement (TSH) de 3,5 %.

En pleine croissance

À Amsterdam malgré un certain nombre de restrictions, Airbnb a connu une croissance fulgurante de 25 % en 2017. À Montréal, la Ville affirme étudier la question.

Québec a créé un groupe de travail sur l’économie collaborative. Souhaitons qu’ils trouvent un juste équilibre.

Le phénomène n’est pas près de disparaître. Mais les Montréalais ont droit à des logements abordables où ils pourront mener une vie paisible.

Ne manquez pas l’émission Mise à jour animée par Sophie Vallerand les lundis 20 h sur les ondes de MAtv.

À lire aussi

Et encore plus