Les enjeux politiques et financiers des zones inondables | 24 heures
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Les enjeux politiques et financiers des zones inondables

Avec les changements climatiques, les zones inondables prennent de l’expansion. Des endroits qui devaient connaître des crues tous les 100 ans sont maintenant à risque d’y goûter aux 20 ans. Sans le savoir, vous habitez peut-être déjà en zone inondable ou y serez dans cinq ou dix ans. Disons que pour se faire rassurantes, les autorités ont intérêt à promettre autre chose que de construire des digues avec les 1500 blocs de béton de la Formule E.

Cartographie désuète

Lors des inondations sans précédent du printemps dernier à Laval et Montréal, les pompiers intervenaient à partir de cartes de zones inondables datant d’aussi loin que 1978! Québec a alloué 5,5 M$ à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe les 82 municipalités de la région, pour les mettre à jour. Les risques d’inondations seront donc réévalués pour tout l’archipel. Et le tout sera uniformisé. Car actuellement, chaque cours d’eau est évalué séparément. Ce qui est un non-sens.

LA question à 100 $... de taxes

Avec la nouvelle cartographie, les zones inondables couvriront un plus large territoire. Doit-on permettre ou interdire les nouvelles constructions dans ces secteurs? Quoi faire avec les bâtiments existants qui se retrouveront à risques? Doit-on les protéger ou demander aux gens de partir et les indemniser? Et ceux ayant déjà subi d’importants dommages, on les reconstruit?

Oui, on reste

Il existe de nouvelles technologies permettant de (re) construire des structures «résistantes» aux inondations. Des barrages et des digues permanentes pourraient aussi être ajoutés. De la musique aux oreilles des municipalités qui ainsi pourraient continuer à empocher de précieux revenus de taxes foncières. Sans compter que les propriétés riveraines se vendent plus cher et donc rapportent davantage en taxes municipales.

Non, on part

Digues ou solages hydrofuges, ces solutions procurent un faux sentiment de sécurité. Surtout que chaque dollar investi en prévention se traduit par une économie de six dollars en gestion d’urgence. Auxquels s’ajoutent des coûts sociaux. Parce que l’eau, ça s’infiltre dans les murs, les planchers et les sous-sols, mais aussi dans la tête, le cœur et le compte de banque. Parlez-en aux sinistrés de 2017 qui n’ont pas été indemnisés, sont épuisés et vivent encore à l’hôtel ou chez des proches.

Aucun élu municipal n’a envie de priver sa ville de revenus ou d’annoncer à des gens qu’ils devront aller vivre ailleurs. Mais sans ce courage politique, ce sont les citoyens sinistrés qui en paieront le prix.

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