Prolongement de la ligne bleue: la STM justifie la facture salée | 24 Heures MTL
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Prolongement de la ligne bleue: la STM justifie la facture salée

Le plus grand nombre d’expropriations et la mise en place d’infrastructures additionnelles justifient une facture près de quatre fois plus élevée pour le prolongement de la ligne bleue du métro jusqu’à Anjou par rapport à celui de la ligne orange vers Laval, selon la Société de transport de Montréal.

Le prolongement de la ligne bleue vers l’est sur une distance de 5,8 km devrait couter 3,9 milliards $, soit environ 672 millions $ par kilomètre.

En comparaison, le prolongement de la ligne orange jusqu’à Laval, complété en 2007, a couté 751 millions $ pour 5,3 kilomètres, soit environ 170 millions $ par kilomètre en dollars d’aujourd’hui.

Le cout au kilomètre du prolongement de la ligne bleue serait donc près de quatre fois plus élevé que celui de la ligne orange vers Laval.

Expropriations

La STM, qui devra réaliser le dossier d’affaires du prolongement de la ligne bleue d’ici 2020, a tenu une conférence de presse lundi pour justifier cet écart.

L’entreprise a rappelé que les expropriations seront bien plus nombreuses dans le cas du prolongement de la ligne bleue dans l’axe de la rue Jean-Talon que lorsqu’on a prolongé la ligne orange vers Laval.

«À Laval, le prolongement a surtout été fait sur des terrains vacants. Maintenant, il y a beaucoup d’immeubles à exproprier [...] Ça fait une grosse différence», a noté le directeur exécutif de l’ingénierie, des infrastructures et des projets majeurs à la STM, François Chamberland.

Le prolongement de la ligne bleue nécessitera l’expropriation de 45 terrains, dont 24 terrains privés comprenant des commerces et des logements. Le gouvernement du Québec prévoit dépenser 330 millions $ afin de réaliser ces expropriations.

Plus grande envergure

Une part considérable de l’écart entre la valeur des deux projets, soit plus d’un milliard de dollars, provient du fait que le prolongement de la ligne bleue entrainera l’aménagement d’un plus grand nombre d’infrastructures que celui de la ligne orange.

Le prolongement de la ligne bleue comptera cinq stations, soit deux de plus pour celui de la ligne orange. Celles-ci seront aménagées de manière à ce que des bâtiments puissent être construits sur leur toit, nécessitant des investissements supplémentaires.

Par ailleurs, la création d’un tunnel piétonnier pour relier le système rapide par bus prévu sur le boulevard Pie-IX en 2022, d’un garage pouvant contenir 10 trains, de deux terminus d’autobus et d’un stationnement incitatif de 1200 places sont inclus dans l’estimation des couts du projet.

Pour réaliser les plans et devis de cet immense projet, plus de 200 personnes, dont des architectes et des ingénieurs, siègeront au bureau de projet de la STM. Celui-ci effectuera aussi une nouvelle évaluation des couts et de l’échéancier des travaux, qui devraient s’échelonner de 2021 à 2026.

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