Rapport annuel du RTM: les trains plus achalandés en raison de la congestion routière | 24 heures
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Rapport annuel du RTM: les trains plus achalandés en raison de la congestion routière

L’achalandage des lignes de train de banlieue du Grand Montréal a connu une hausse l’an dernier malgré l’augmentation du nombre de retards majeurs, des automobilistes optant pour le train de banlieue afin de fuir la congestion routière.

Dans son premier rapport annuel, le Réseau de transport métropolitain (RTM) fait état d’une augmentation moyenne de l’achalandage de 4,1 % pour ses six lignes de train de banlieue pour un total de plus de 20 millions de déplacements en 2017.

La professeure en études urbaines à l’Université du Québec à Montréal et ancienne présidente-directrice générale de l’Agence métropolitaine de transport, devenue le RTM l’an dernier, Florence Junca-Adenot, estime que cette hausse de l’achalandage s’explique par l’exaspération de nombreux automobilistes.

«Ça ne m’étonne pas [que les trains de banlieue soient plus achalandés] parce que plus la congestion routière augmente et plus les gens en désespoir délaissent l’auto solo et prennent le transport en commun», a-t-elle affirmé.

Un constat partagé par la conseillère aux relations avec les médias du RTM, Caroline Julie Fortin.

«L’intensification, depuis 2016, des travaux sur certains axes routiers, dont l’échangeur Turcot, peut expliquer qu’un nombre croissant d’individus aient choisi de se tourner vers le transport collectif pour assurer leurs déplacements vers et depuis le centre-ville de Montréal», a-t-elle souligné par courriel.

Multiples retards

L’an dernier, la ponctualité des trains de banlieue a été mise à rude épreuve alors que plus de 1860 retards d’au moins six minutes ont affecté différentes lignes du réseau, ce qui représente une augmentation de 20 % du nombre de retards par rapport à 2016.

À titre d’exemple, la ligne de train de banlieue de Mont-Saint-Hilaire a connu 207 retards l’an dernier, soit 152 de plus que l’année précédente. Il s’agit d’ailleurs de la seule des six lignes de trains de banlieue ayant connu une baisse de son achalandage l’an dernier.

«À long terme, ça prendrait une augmentation de service parce que plus tu as de monde [dans les trains] et plus les gens sont tassés. C’est le temps d’agir avant que les gens délaissent les trains de banlieue», a réagi le président de l’organisme Trajectoire Québec, François Pépin.

À la suite des nombreux retards causés par le froid mordant au début de l’année, le RTM a annoncé à la mi-mars un plan d’action quinquennal de 450 millions $ pour améliorer la fiabilité de son service qui comprend entre autres l’ajout de trains multi niveaux et la rénovation des voitures de train électriques MR-90 de la ligne de Deux-Montagnes afin de rendre celles-ci plus résistantes aux conditions hivernales.

Arrivée du REM

Alors que le service est interrompu chaque fin de semaine à partir du vendredi soir sur les lignes de Deux-Montagnes et de Mascouche, le RTM reconnait que l’achalandage de son réseau sera affecté par les travaux de construction du Réseau express métropolitain cette année.

«Il est certain que la fermeture de la ligne Deux-Montagnes pendant les week-ends depuis le 27 avril dernier aura une incidence sur le taux d’achalandage annuel», a noté Julie Fortin.

À partir de la fin du mois de juin, deux départs seront retirés en matinée et un en soirée en semaine sur la ligne de Deux-Montagnes, dont un segment complet sera fermé en tout temps à partir de 2020.

Variation de l’achalandage par ligne de train en 2017

  • Deux-Montagnes: 7 758 700 (+2,3%)
  • Vaudreuil-Hudson: 4 052 200 (+6,8%)
  • Saint-Jérôme: 3 223 800 (+4,4%)
  • Mont-Saint-Hilaire: 2 252 900 (-0,7%)
  • Candiac: 1 204 700 (+7%)
  • Mascouche: 1 822 500 (10,4%)
  • Total: 20 314 800 (+4,1%)