La renaissance de Dead Obies | 24 heures
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La renaissance de Dead Obies

Longtemps affirmé comme un sextuor, Dead Obies se produit en quintette pour la première fois de sa jeune histoire sur un troisième album, qui sort aujourd’hui en magasin.

Tout porte à croire que la formation n’est pas DEAD., comme le laisse présager le titre de son ultime effort musical. Elle a plutôt voulu mourir pour mieux renaître, à travers les cendres de ce qui a été. Avec cet opus, elle tourne la page d’un chapitre, entamé avec succès, pour écrire la suite sans regret.

« Au moment où tout le monde pense que c’est dead, nous on s’est dit qu’on allait leur prouver que ce n’est pas fini du tout », lance Jo RCA.

« La pochette de notre album le montre bien : c’est la renaissance. Ça illustre de la végétation en abondance qui repousse après qu’un incendie ait tout ravagé sur son passage », ajoute 20some.

L’événement incendiaire, c’est sûrement le départ d’un des membres au printemps dernier. Au moment où le rappeur Yes Mccan annonçait qu’il se retirait du projet, Dead Obies était en plein processus de création pour son troisième opus.

Fortement ébranlé par son départ, le clan a finalement convenu que le tout est plus grand que la somme des parties. En d’autres mots, l’entité Dead Obies est plus grande que les individus qui la composent. Les cinq membres restants ont pris un pied de recul pour se questionner sur leurs raisons d’être.

« À la base, on était un petit groupe d’amis qui se retrouvait dans un appartement pour fumer des joints et rapper toute la soirée. On essayait de s’impressionner entre nous. Juste ça, ça nous rendait heureux », se souvient VNCE.

Photo courtoisie

 

Maturité au pied carré

Plus vivant que jamais, Dead Obies a pris du gallon depuis la séparation. Qui plus est, le groupe a pris de la maturité depuis Montréal $ud, paru en 2013, et Gesamtkunstwerk, sorti en 2016. Ça s’entend sur DEAD..

Le concept, les gars l’on voulut plus épuré que celui des précédents. Après avoir composé plus d’une soixantaine de chansons, ils en ont minutieusement sélectionné onze. C’est à main levée qu’ils se sont concertés pour choisir celles qui allaient le mieux les représenter.

« On a eu la maturité d’épurer notre travail, de se rendre à l’essentiel, en laissant aller certains refrains et même, certaines chansons », dit Jo RCA.

C’est de façon délibérée que le quintette a choisi de peser ses mots. On retrouve moins de syllabes et plus de silences sur ce nouvel opus. Ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas de ces silences qui laissent perplexes, mais plutôt de ceux qui amènent à réfléchir.

« De plus en plus, j’ai le désir de me faire comprendre par les gens qui nous écoutent, précise Snail Kid. Sans changer ce que j’ai envie de dire, j’essaie de choisir le bon mot, de ne moins cacher les choses derrière une figure de style ou un jeu de mots ».

Photo courtoisie

 

Jamais deux sans trois

VNCE Carter, Jo RCA, 20some, Snail Kid et O.G. Bear se passe maintenant de présentation. Le succès certain qu’ils ont connu avec leurs deux précédents albums leur permet d’être plus affirmés. Ils sont ce qu’ils sont, sans détour ni compromis.

Pour la première fois, ils ont eu besoin de se prouver à eux-mêmes avant de se prouver aux autres. La raison est forte simple : ils font davantage confiance à leur auditoire, mais avant tout, ils se font davantage confiance.

« On a fait de la musique de façon plus instinctive, sans se soucier de ce que les autres pouvaient penser. Je pense que quand tu es confiant et que tu es vulnérable, le public va écouter ce que tu as à dire », reconnaît 20some.

Cette confiance se traduit par une énergie différente. Sans se dénaturer, Dead Obies s’est prêté à de nouveaux essais musicaux : tantôt, de la guitare acoustique sur High, tantôt des influences R&B sur 2gether. L’apport des deux choristes ainsi que du bassiste Mark Alan Hayes et du claviériste Jean-Michel Frédéric ajoute une atmosphère étonnante.

« On n’a pas changé notre direction artistique, on est plutôt revenu à notre essence. Être authentique, suivre nos idées, garder nos influences et rester original : c’est ça Dead Obies », conclut Snail Kid.

Les cinq artistes s’arrêteront d’abord à Chicoutimi, le 28 février, avant de prendre la route pour aller présenter DEAD. aux quatre coins du Québec. Ils seront ensuite au MTelus le 26 avril pour la première montréalaise.

 

DEAD. décortiqué

Photo courtoisie

 

Les onze pièces de l’album DEAD. ont trouvé écho auprès des cinq membres de la formation. Bien qu’elles aient fait l’unanimité, Jo RCA, 20some et VNCE décortique leur favorite.

Oh Boy!

Durée : 2 :56

« Il était 5 heures du matin, je fumais une cigarette sur le balcon de notre chalet, quand VNCE a parti un beat. Ça été une illumination. Tout le monde l’a pogné en même temps, la chanson s’est fait en un seul soir. À travers tous les questionnements qu’on a eus, cette chanson-là m’a confirmé qu’il allait y avoir une suite, un autre album » - 20some

2gether

Durée : 4 :55

« Ma chanson coup de cœur, c’est 2gether. Je suis un grand amateur de musique R&B et on n’en avait pas fait beaucoup auparavant avec le groupe. J’aime que le vibe soit plus doux, plus relaxe. Même dans le ton et dans le thème, c’est intéressant de voir la direction qui est prise » - Jo RCA.

Big Girl

Durée : 5 :18

« Souvent, sur les tracks de rap, les paroles sont sexuellement explicites, mais avec Big Girl, les paroles sont vraies, différentes. Je trouve qu’elle vient briser les stéréotypes associés au hip hop. Quand 20some l’a composé, il a fait abstraction des tournures de phrases, des mots, il y est allé avec son feeling. Ce n’est pas à l’écrit qu’elle est intéressante, mais dans les intentions » - VNCE.

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