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Le Saguenay a besoin de relève!

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L’économie du Saguenay–Lac-Saint-Jean se porte bien et poursuivra sur cette bonne note au cours des prochaines années. En plus d’investissements dans le secteur des ressources naturelles, l'écosystème entrepreneurial se diversifie en misant sur l’innovation, avec l’arrivée d’un studio d’Ubisoft et l’inauguration du Centre d’excellence sur les drones. 

Une ombre apparaît cependant au tableau, celle d’une population vieillissante qui fait pression sur la disponibilité des travailleurs.

Une récente étude économique de Desjardins montre que le Saguenay–Lac-Saint-Jean est la deuxième région du Québec la plus touchée par les départs massifs à la retraite, après le Bas-Saint-Laurent. La société Produits forestiers Résolu, par exemple, devra remplacer 40% de son personnel d’ici 2021.   

Le recrutement et la rétention: une stratégie régionale   

«On ne peut pas aller chercher les employés du voisin, ça ne fait que déplacer le problème!» lance Évans Thibeault, vice-président et directeur général adjoint au Groupe LAR, une entreprise de machinerie de 250 employés établie à Métabetchouan depuis 75 ans.   

À ce problème régional, les gens d’affaires ont offert une réponse en s’inspirant d’une association de colonisation du XIXe siècle formée d’investisseurs et de pionniers. «Nous avons recréé la Société des vingt-et-un, mais avec 21 influenceurs et entrepreneurs de la région», ajoute Évans Thibeault.   

Les membres du groupe ont mis au point des stratégies communes pour attirer la main-d’œuvre, comme celle de cibler les deux ou trois mêmes pays pour le recrutement international afin que les nouveaux travailleurs puissent se rassembler en communauté dans la région et y rester à long terme. «On veut éviter qu’ils partent après deux ou trois ans pour Montréal ou Québec», dit Évans Thibeault. Le Groupe LAR a d’ailleurs entrepris tout un processus de sélection qui a duré près d’un an et a accueilli neuf travailleurs spécialisés du Mexique quelques jours avant de nous accorder l’entrevue.   

Défis professionnels attrayants   

Les défis de la rétention se présentent également auprès des jeunes de la région, selon Évans Thibeault, qui voit une solution dans des partenariats entre employeurs et commissions scolaires. Et pour ceux qui sont déjà au travail, la région doit offrir de nouveaux défis et permettre un plein épanouissement sur le plan professionnel.   

Un constat qu’a fait Alexis Gauthier, ingénieur aux ventes, lui aussi chez le Groupe LAR. Il a quitté Québec pour s’installer dans la région en 2009 pour une période «transitoire». Sa conjointe et lui ne sont toutefois jamais repartis. «Pour des salaires intéressants, on a eu de belles occasions et des responsabilités très tôt dans nos carrières, comparativement à nos collègues de Québec, dit-il. C’est stimulant, et nous n’avons pas atteint de plateau professionnel.»   

Qualité et coût de la vie   

À ces réalisations professionnelles s’ajoute une qualité de vie à une fraction du prix de celle des grands centres. «L’accès à la propriété est moins coûteux et l’offre de services est complète, ce qui nous permet une belle marge de manœuvre dans nos autres dépenses», précise Alexis Gauthier.   

Même son de cloche du côté de l’auteur-compositeur-interprète et artiste visuel, Fratzel Descadres, qui a trouvé l’endroit idéal pour s’établir avec sa conjointe: Saint-Henri-de-Taillon. «L’offre culturelle est riche et, comme musicien, j’ai accès à des salles de spectacles partout dans la région, ce qui n’était pas le cas à Montréal, dit-il. Ici, tes idées et tes projets peuvent se mettre en place, car tu es près des gens qui rendent ces choses possibles!»   

 

 

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