Déneigement: un service à la baisse, selon un ancien directeur d’arrondissement | 24 heures
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Déneigement: un service à la baisse, selon un ancien directeur d’arrondissement

MONTRÉAL – Un directeur d’arrondissement à la retraite dénonce la mauvaise gestion du déneigement par Montréal, qui est attribuable selon lui à la politique de centralisation et au manque de ressources.

«On a normalisé vers la baisse le niveau de service. C’est un peu fâchant de voir cela», a déploré Normand Proulx, qui a été directeur d’arrondissement pendant trois ans à Outremont, jusqu’en 2015. Il a aussi été pendant plus de 10 ans directeur de l’aménagement urbain dans le Sud-Ouest.

Cet ancien cadre attribue entre autres la piètre qualité du déneigement à la centralisation, qui déresponsabiliserait les arrondissements, et à un manque de ressources.

En août 2015, l’administration de Denis Coderre a décidé d’harmoniser la politique de déneigement. Depuis ce temps, c’est la ville-centre qui décrète le chargement de la neige pour l’ensemble des arrondissements. Ceux-ci sont responsables du déblaiement et de l’épandage d’abrasifs.

«Quand c’est quelqu'un d'autre qui décide et qui donne les budgets, quand ça va mal on dit ‘’ce n’est pas moi qui a décidé’’. Quand [...] tu es responsable, tu fais face aux citoyens, tu dois rendre des comptes localement, c’est sûr que tu as plus tendance à être efficace et à ne pas trouver des excuses», a expliqué M. Proulx.

Même si le problème a commencé selon lui avant l’arrivée au pouvoir de Valérie Plante, l’ex-dg dit ne pas sentir dans son administration «le sentiment d’urgence de se corriger».

L’Association des entrepreneurs de déneigement du Québec croit plutôt que la centralisation du chargement est une bonne chose, afin que cela soit uniforme partout.

«Si on décide d’enlever la neige, il faut l’enlever partout, parce qu’il y a des citoyens, des payeurs de taxes, qui ne comprendront pas pourquoi on l’enlève à un endroit et pas à l’autre », a commenté le président et directeur général Mario Trudeau.

Le responsable du déneigement à la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, avait précisé en février que la politique de déneigement serait débattue au courant des prochains mois.

Pas les cols bleus

Normand Proulx a accepté de faire cette sortie après avoir vu une personne âgée se blesser sur une chaussée mal déglacée près de chez lui dans le Sud-Ouest. Il a lui-même subi une foulure cet hiver en glissant.

Le directeur retraité a pris soin de préciser qu’il ne met pas du tout le blâme sur les cols bleus de la Ville et de l'arrondissement, qui font de leur mieux avec les ressources à leur disposition.

« Les employés de la Ville sont compétents et en mesurent de trouver des réponses, si on injecte les ressources à la bonne place », a-t-il soutenu. Il estime que ce sont eux qui sont les mieux placés pour trouver des solutions et croit qu’il faudrait ajouter des effectifs.

Changements climatiques

L’ancien directeur n’accepte pas non plus que la Ville mette la faute sur les changements climatiques, qui pourraient amplifier les épisodes de gel et dégel, ce qui est selon une «fausse excuse».

«On le sait qu’ils sont là pour longtemps les changements climatiques, est-ce que ça veut dire qu’on va vivre avec le niveau de service qu’on connaît actuellement?» s’est-il interrogé.

Si les arrêts d’autobus et les trottoirs sont bien déglacés sur les grandes artères, mais pas les petites rues, c’est parce qu’il manque de ressources, selon lui. «Si on est capable de le faire là, qu’on ne vienne pas m’expliquer qu’on n’est pas capable de le faire ailleurs», a-t-il ajouté.

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