Des bancs anti-itinérants apparaissent au centre-ville | 24 heures
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Des bancs anti-itinérants apparaissent au centre-ville

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 MONTRÉAL – Sur la rue Berri, en face de la gare d’autocars et près du parc Émilie Gamelin où c’était produit il y a cinq ans l’incident des «pics de la honte», du mobilier urbain de l’arrondissement Ville-Marie fait jaser ces jours-ci. 

 C’est un intervenant en itinérance à Montréal qui a contacté TVA Nouvelles pour faire part de son malaise à l'égard de la présence de bancs anti-itinérants. 

 Des accoudoirs qui délimitent les places assises empêchent un itinérant qui souhaiterait s’y allonger de le faire. Impossible de passer la nuit sur ce type de banc. 

 Selon des organismes qui travaillent auprès des sans-abri, ces aménagements hostiles sont en nette augmentation dans la métropole. 

 «Au même titre que la population en général, ces gens-là ont le droit de s’installer dans l’espace public», a dit Guillaume Legault, organisateur communautaire au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). 

 «C’est sûr qu’il faut réfléchir à installer des mécanismes pour favoriser la cohabitation sociale dans l’espace public, mais ce n’est pas en développant des initiatives qui vont favoriser l’exclusion des personnes de l’espace public qu’on va parvenir à leur venir en aide», a-t-il ajouté. 

 Selon l’organisation, cette architecture ou ce design urbain est conçu pour dissuader les citoyens d’utiliser le mobilier à des fins autres que celles pour lesquelles il a été créé. 

 En avril 2018, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait réagi aux commentaires concernant les aménagements hostiles dans la métropole. 

 «Je ne trouve pas ça souhaitable d’adapter du mobilier en fonction de divers utilisateurs. [...] Mais aussi, il faut tenir compte de la durabilité du mobilier. Si on l’utilise pour faire différents sports, ça use le mobilier», avait-elle commenté.