Le nomadisme numérique: comment s’y prendre | 24 heures
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Le nomadisme numérique: comment s’y prendre

Pascaline David – 37e AVENUE

 

Travailler dans un café à Bali, puis dans un espace de coworking berlinois le mois suivant ? Ça n’a rien d’extraordinaire, vous diront les nomades numériques. Témoignages et conseils.

Un ordinateur et une connexion internet, voilà tout ce dont ont besoin ces centaines de milliers de travailleurs épris de liberté qui parcourent le monde. Ils sont en moyenne âgés de 25 à 34 ans et travaillent dans le marketing numérique, le commerce en ligne, la gestion de médias sociaux, la traduction ou le développement web.

En 2016, Bastien Fournier-Peyresblanques et Veadra Duchaine ont quitté leur emploi pour voyager pendant un an en Asie, puis en Europe. « Durant cette période, nous avons lancé, avec succès ou non, plusieurs sites de commerce en ligne », racontent-ils. Désormais propriétaires d’un pied-à-terre en Ontario, ils s’envolent trois à quatre mois par an vers de multiples destinations. Le parfait équilibre entre la routine et l’exotique, selon eux.

Benoit St-Laurent multiplie quant à lui les contrats en marketing web à distance depuis deux ans. Il a habité six mois en Thaïlande, destination phare des nomades pour son faible coût de la vie, puis un an en Roumanie avant de prendre la direction de Chypre, où il se trouve aujourd’hui. « Je gère mon mode de vie de A à Z, je suis libre, je peux aller partout », fait-il valoir.

Bien se préparer

De son côté, Maude Carrier a quitté son emploi pour se consacrer à son blogue de voyage et cofonder la compagnie Voyage numériQC. « C’est important de comprendre les rouages de la comptabilité, explique celle qui voyage quatre à six fois par an. Et il faut constamment être en recherche de contrats. » Si la rédactrice et productrice aime le fait d’être sa propre patronne, elle admet qu’il est parfois difficile de lâcher prise. Elle recommande d’ailleurs de partir avec un coussin financier pour s’éviter du stress.

Être nomade numérique ne signifie pas travailler moins. Pour Andrew Pawlus et Marie-Clémentine Charignon, c’est même plus exigeant qu’un emploi classique, puisqu’il faut tout gérer, des assurances aux finances. En l’espace de quatre ans, le duo a vécu au Canada et en France, a parcouru l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. « Nous sommes toujours à l’affût des billets d’avion à prix réduit », raconte Andrew, qui gère les transactions

internationales d’une société française de commerce électronique, tandis que sa compagne est traductrice.

Un conseil : attention aux visas. En Thaïlande, il est théoriquement interdit de travailler comme nomade numérique sans détenir un visa spécial. Certains pays n’en exigent cependant pas ; c’est le cas de l’Argentine et de Singapour. En Estonie, un nouveau visa créé spécialement pour les nomades numériques a vu le jour en janvier.

Un état d’esprit, avant tout

Le nomadisme numérique est un véritable état d’esprit, d’après Bastien et Veadra, qui se réfèrent en cela au livre Vagabonding, de Rolf Potts. Ils estiment que cette expérience les a responsabilisés. « Au lieu de se mesurer par le nombre d’heures passées dans un bureau, le travail à distance est axé sur les résultats », indiquent-ils.

De plus en plus d’entreprises favorisent le télétravail et bien des emplois seront numérisés au cours des prochaines décennies. Des experts estiment d’ailleurs que les nomades numériques seront plus d’un milliard d’ici 2035

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