Travaux du REM plus longs que prévu: les utilisateurs du train sont en rogne | 24 heures
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Travaux du REM plus longs que prévu: les utilisateurs du train sont en rogne

Image principale de l'article Les utilisateurs du train sont en rogne
GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Plusieurs utilisateurs des trains de banlieue Deux-Montagnes et Mascouche sont en colère après avoir appris qu’ils risquaient de devoir patienter un an de plus que prévu avant de retrouver leur liaison ferroviaire avec le centre-ville.

«C’est écoeurant, on parle de cinq ans, je trouve ça désolant d’apprendre ça là», a mentionné mardi Serge Wong, qui embarque chaque jour dans le train à la gare Roxboro-Pierrefonds pour se rendre au centre-ville. L’homme croisé à la Gare Centrale résumait bien le sentiment exprimé par bon nombre des 18 000 utilisateurs qui seront touchés par d'éventuels délais supplémentaires. 

Selon un document interne produit par le consortium NouvLR et obtenu par «La Presse», des travaux supplémentaires dans le tunnel qui traverse le mont Royal devraient repousser la mise en service de la branche Deux-Montagnes du Réseau express métropolitain (REM) à novembre 2024. Celle-ci était initialement prévue pour fin 2023. 

Dès janvier 2020, les utilisateurs du train devront se rabattre sur des navettes d’autobus pour se rendre jusqu’à la branche ouest de la ligne orange du métro, ce qui doublera le temps de transport de plusieurs d’entre eux. 

C’est le cas d’Adrian Speyer, aussi rencontré à la gare. «Une heure [de transport] de plus, et là, un an de plus... Je ne veux pas passer ma vie dans le transport», a déploré celui qui envisage maintenant l’achat d’un véhicule, ce qui va à l’encontre de ses convictions environnementales. 

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Suspension

Certains demandent carrément que les travaux du REM soient suspendus le temps que les échéanciers soient réévalués et que des mesures alternatives soient mises en place. «Il y a cinq jours, [les représentants du REM] nous garantissaient qu’il n’y avait pas de retard. Aujourd’hui, on apprend le contraire, a dénoncé Karolyne Viau, qui habite Deux-Montagnes. C’était évident qu’il allait y avoir des surprises lors des travaux, on parle d’un tunnel vieux de cent ans.» 

Les retards ne font qu’ajouter du poids pour la création d’un moratoire sur le projet de REM, a pour sa part avancé Robert Giguère, qui en a fait la demande au gouvernement Legault la semaine dernière. 

«Catastrophe»

L'organisme Trajectoire Québec indique que ces délais supplémentaires dans l'échéancier du projet du REM sont décevants. 

«Pour les usagers, ça représente une bonne catastrophe, la deuxième après [celle] de l'annonce de la fermeture du tunnel [du mont Royal]», a expliqué la directrice Sarah Doyon. 

En 2016, la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont la filière CDPQ Infra est responsable du développement du REM, mentionnait que la fermeture de la ligne de train Deux-Montagnes ne durerait qu'entre 9 et 12 mois. 

Le bureau du REM nie

Dans un communiqué diffusé tôt mardi matin, le bureau de projet du REM a réagi aux allégations de retards en assurant que les échéanciers seraient respectés. 

Le document qui annonce le report d’un an de l’ouverture du tunnel sous le mont Royal «fait partie du processus de gestion normal entre des consortiums et des bureaux de projet» et «représente seulement le point de vue du consortium dans ce qui sont des discussions typiques sur le projet et son budget», peut-on lire dans le communiqué. 

L’organisation ajoute que le chantier respecte les échéanciers jusqu'à maintenant et maintient les dates annoncées. 

Du côté du cabinet de la ministre déléguée aux Transports et responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, on mentionne avoir entièrement confiance en la Caisse pour livrer le projet dans les budgets et les échéanciers prévus. «La ministre a d’ailleurs eu un appel avec la CDPQ [mardi] matin, et ils se sont montrés rassurants», a précisé son attachée de presse, Sarah Bigras, par courriel.

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