La Ville de Montréal veut faire le ménage des cônes orange | 24 heures
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La Ville de Montréal veut faire le ménage des cônes orange

Même en plein hiver, on retrouve des cônes et des panneaux orange un peu partout à Montréal. Ils sont souvent inutilisés et ne font que nuire au déneigement, en plus d’enlaidir nos rues. Mais il y a de l’espoir, la Ville pourrait bientôt serrer la vis.

Certes, il y a moins de signalisation qui traîne en janvier qu’au début de l’hiver, mais il suffit d’être attentif pour découvrir, presque à chaque coin de rue, un panneau orange enseveli sous la neige ou tassé en marge du trottoir. 

Plusieurs employés de la Ville, qui n’ont d’autres choix que de garder l’anonymat, m’ont confié que c’est une guerre sans fin. Les cols bleus sont continuellement appelés à ramasser la signalisation abandonnée par un peu tout le monde. 

Parfois, c’est la Ville qui est responsable de l’oubli. Parfois, c’est Hydro-Québec ou une autre société publique. Parfois, c’est un entrepreneur privé. 

Il arrive trop souvent, me dit-on, que faute d’identification du réel coupable, aucune contravention ne soit donnée. 

Autrement dit, les contribuables payent pour qu’on déplace et qu’on entrepose tous ces panneaux dans les clos de voirie, jusqu’à ce qu’une firme de signalisation ou un sous-traitant vienne les chercher. 

Comité de travail

Pour que cette situation absurde cesse, Montréal a créé à la fin 2019 un comité de travail avec l’ensemble des arrondissements pour trouver des solutions. 

« Un rapport avec les recommandations du comité de travail est en cours de préparation et sera très bientôt soumis aux instances », m’indique une porte-parole de la Ville par courriel. 

D’ici la fin du mois, le directeur général devrait avoir ce document entre les mains et les pistes d’action qui en émaneront seront, on l’espère, vite mises en place en vue du printemps. 

Plus de pénalités

Même si on ne connaît pas encore les moyens qui seront déployés, une chose est sûre : la métropole veut sévir. 

Les entrepreneurs seront mis à l’amende de façon beaucoup plus systématique, m’assurent plusieurs sources. 

Comment ? Tel qu’annoncé la semaine dernière, l’escouade mobilité, qui patrouille dans les rues pour régler les entraves à la circulation, étendra sa surveillance à l’ensemble des 19 arrondissements. Les inspecteurs de l’escouade, en plus de ceux des arrondissements et des agents de la police de Montréal, pourront remettre des amendes si un chantier laisse traîner sa signalisation temporaire. 

Pas si simple

Pour la spécialiste en gestion municipale, Danielle Pilette, il n’est pas si facile pour la Ville de « sévir ». Si trop de pénalités sont décernées, les entreprises de construction seront moins nombreuses à vouloir venir travailler à Montréal, surtout au centre-ville, croit la professeure à l’UQAM. 

« Moins il y a de concurrence, plus les travaux risquent de coûter cher », résume-t-elle. 

Mme Pilette estime aussi que les panneaux et cônes qui traînent, c’est le résultat d’une mauvaise gestion globale des travaux : la structure décentralisée de la Ville de Montréal entraîne une multiplication d’acteurs et d’étapes administratives.

En effet, c’est dur de croire que ce laisser-aller ne soit que la faute d’entrepreneurs « cabochons ». 

Certes, il y en a, mais il y en a aussi qui respectent les règles. 

N’oublions pas tous ces chantiers gérés par le secteur public. Eux aussi, ils devraient apprendre à se ramasser. 

200 $ À 600 $

Une entreprise qui laisse de la signalisation temporaire sur le domaine public sans permis est passible, pour une première infraction, d’une amende de 200 $ à 600 $. Si elle récidive plusieurs fois, les frais peuvent s’élever jusqu’à 2000 $.

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