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Théâtre: le choc post-traumatique mis en scène

Image principale de l'article Le choc post-traumatique mis en scène
Photo courtoisie, Josué Bertolino

MONTRÉAL – La pièce «Le sixième sens», présentée jusqu’au 8 février à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, cherche à aborder la question du choc post-traumatique à travers un univers de superhéros.

«On s’est inspiré des Comiccons, un univers un peu geek de jeux vidéo et de superhéros, mais nous on a utilisé ça pour créer ce qu’on appelle le Paniccon, une expression qui renvoie au terme “panique”, explique d’emblée Michelle Parent, metteure en scène de la pièce. Et c’est comme si le public se retrouvait dans la section VIP de cet événement-là. C’est vraiment un spectacle par tableaux qui reprend plusieurs des codes d’un Comiccon.»

Photo courtoisie, Josué Bertolino

Si la trame de fond est bel et bien fictive et les costumes hauts en couleur, l’univers ainsi construit permet de présenter de façon plus ludique et parfois avec humour l’enjeu du choc post-traumatique ainsi que ses conséquences.

«On est parti de l’hypervigilance, qui est un symptôme majeur du stress post-traumatique et on l’a transposé en un pouvoir de superhéros, qui s’appelle le sixième sens, poursuit la metteure en scène. On a utilisé ça comme métaphore. Et donc, chaque performeur dans la pièce a son alter ego, un peu comme Bruce Wayne et Batman. Nous on a Jean-Mathieu, qui est un vétéran des forces armées canadiennes, et son personnage, c’est Secret Alert.»

Non-acteurs

Photo courtoisie, Josué Bertolino

Autre particularité de la pièce, cinq des douze performeurs qui monteront sur scène soir après soir ne sont pas des comédiens, mais plutôt des personnes souffrant véritablement de chocs post-traumatiques.

«Je travaille avec des non-acteurs depuis dix ans et à chacune des fois que je me lance dans ce genre de projet là, les gens ont toujours quelque chose en commun. Par exemple, j’ai travaillé avec des gens qui avaient des dépendances ou des femmes itinérantes. Et à partir de quelque chose de personnel, d’individuel, j’essaie de faire reculer la caméra pour voir s'il n’y aurait pas quelque chose dans cet élément-là qui pourrait s’appliquer à notre société», explique Michelle Parent, également directrice artistique de la compagnie Pirata Théâtre.

«Avec le stress post-traumatique, je me suis demandé en quoi ça pourrait s’appliquer à la société de façon plus générale, poursuit-elle. Pour moi, le pont s’est fait avec nos traumas collectifs. Quand il arrive une catastrophe, on a tous les images dans nos téléphones, à portée de main. Ça crée un genre de choc parce qu’on le vit vraiment en direct. Et je me demandais comment ça pouvait en venir à transformer notre insouciance collective.»

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