L’homme qui ne voulait jamais prendre le métro | 24 Heures MTL
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L’homme qui ne voulait jamais prendre le métro

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Joël Lemay / Agence QMI

Dans le métro, surtout dans les Azur où l’on circule librement de voiture en voiture, je cherche toujours la personne qui lit le journal 24 Heures et je m’installe non loin d’elle pour l’observer. Subrepticement, j’essaie de voir ce qu’elle est en train de lire: une chronique, un reportage, l’horoscope, une petite annonce de médium? Je suis peut-être en train de vous espionner maintenant.  

Venez-vous de regarder autour de vous pour vérifier? Les chances que je sois là sont minces, mais pas nulles. S’il est 7h15 et que vous êtes sur la ligne verte en direction d’Angrignon, ça se peut fort bien. J’ai rendez-vous à la station Longueuil à 7h45.  

Pas de chemise fleurie. Je suis vêtu d’un manteau de sport bleu, d’un pantalon de course et d’espadrilles. Je dois accomplir une mission journalistique spéciale: traverser le fleuve Saint-Laurent à pied sans utiliser le pont Jacques-Cartier, qui est interdit aux piétons pour des motifs ridicules soi-disant de sécurité.   

Au pied du pont  

Donc, je prends le métro ce matin — et je vais chercher un lecteur du 24 Heures à observer, chemin faisant — parce que je vais m’aventurer, à la course, sur la voie maritime du Saint-Laurent maintenant glacée qui sépare Longueuil et l’île Notre-Dame. De là, j’emprunterai le pont des îles, puis celui de la Concorde; j’aboutirai dans le Vieux-Montréal où, peut-être, trempé de sueur, j’irai dire bonjour à mes collègues du Journal de Montréal.   

Pendant ma traversée, j’essaierai de nouer connaissance avec des pêcheurs sur glace aux fins d’un éventuel reportage à leur sujet (car je fantasme de déguster du poisson pêché là et apprêté et grillé sur place au pied du géant nommé pont Jacques-Cartier); maintenant, vous savez tout.  

Métrophobie  

Toute l’équipe de ce journal se réjouit, cette semaine, du retour de nos présentoirs à l’intérieur des stations. Sans le métro, ce journal n’existerait pas.   

Paradoxalement, mon rendez-vous ce matin est avec le résident du Grand Montréal qui est peut-être le plus allergique au métro. Ce grand coureur – un ultramarathonien – ferait n’importe quoi pour éviter les voitures et les tunnels, si bien que, lorsqu’on lui a bloqué le pont, il a eu l’idée de passer sur le fleuve gelé... Il fait cela depuis plusieurs années et il m’a invité à l’accompagner. J’ai dit oui. Je vous en dirai plus long à son sujet dans mon reportage demain ou après-demain... si je survis à l’expérience. Dans le cas contraire, adieu et sachez que ce fut un grand bonheur pour moi d’écrire pour vous dans ces pages.   

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