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Clubs vidéo: quelques rares survivants

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Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Au club vidéo Cinoche, à Montréal, des touristes américains se prennent en photo dans le local typique d’une époque presque totalement révolue. Des parents montrent à leurs enfants cet établissement qui a survécu à la chute d'une industrie. 

Au cours des dernières années, la métropole a tranquillement perdu ses clubs vidéo, déclin qui a culminé avec la fermeture du célèbre établissement La Boîte noire en 2016. L’an passé, GameZone, à Verdun, a fermé ses portes, et le dernier SuperClub Vidéotron de l'île devrait faire de même au début du mois de mars, laissant ainsi le champ libre.    

Luc Major fait donc figure d’irréductible Gaulois dans son Cinoche, qu’il a ouvert sur l’avenue du Mont-Royal en 2008. Déjà, l’industrie battait de l’aile et se savait condamnée par la concurrence de la diffusion en ligne. «J’ai fait le calcul et si j’avais mis mon investissement initial pour ouvrir Cinoche dans des actions de Netflix, ça vaudrait 5 millions aujourd’hui», a dit M. Major en riant.    

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

Moins cher  

Ancien professeur de tennis forcé à se reconvertir à la suite d’une blessure, Luc Major a d’abord ouvert un vidéoclub à Longueuil en 1998, avec succès. «Les beaux jours des indépendants étaient déjà passés parce que les géants Blockbuster et SuperClub Vidéotron offraient des prix impossibles à égaler pour les petits qui tombaient comme des mouches», se souvient Luc Major.    

Les prix des films en ligne ont grimpé depuis la (quasi) disparition des vidéoclubs. «Je loue mes DVD de nouveauté 4 $, nettement moins cher que l’offre en ligne, ce qui donne une raison aux gens de sortir de chez eux pour venir dans ma boutique», a expliqué M. Major, qui tient 13 000 titres dans son commerce.    

Pour les gens du quartier, louer des DVD à l'ancienne chez Cinoche est un moyen de faire un pied de nez à iTunes ou à leur câblodistributeur... tout en épargnant de l'argent.    

M. Major se fait demander presque chaque jour s’il va rester ouvert encore longtemps. « J’ai 61 ans et j’aime encore mon métier. Depuis que je suis le seul, la rentabilité est au rendez-vous », a-t-il raconté.    

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

Régions  

Même si Radio-Canada rapportait lundi que le dernier club vidéo de la Mauricie vient de fermer ses portes, il est quand même beaucoup plus facile de trouver des places où louer des DVD hors de la métropole.    

Du côté de Québec, on compte encore plusieurs adresses, dont le Club Vidéodrome ainsi que Vidéo Centre-Ville.    

En Estrie, l’entreprise Vidéo Flash tient deux succursales à Sherbrooke et une à Magog. La Boutique Première réussit pour sa part à survivre autant à Chicoutimi qu’à Saguenay, malgré le SuperClub Vidéotron toujours en activité à Jonquière.    

Les Gatinois peuvent compter sur deux SuperClub Vidéotron, et c’est sans tenir compte de tous les dépanneurs qui ont aussi des petites sections club vidéo, comme on en trouve dans plusieurs villes et villages.    

D’ailleurs, l’amalgame d’activités paraît une bonne stratégie de survie pour certains: le Vidéoasis, à Lac-Beauport, propose aussi des services... de nettoyeur, de couture et de cordonnerie!    

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

Photo Agence QMI, Dominick Gravel

 

 

- Avec la collaboration de Camille Dauphinais-Pelletier

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