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Haro sur le chialage au boulot !

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Une plaie, les lamentations à la machine à café ! Envie d’une ambiance de travail plus zen ? Voici quelques suggestions pour clouer le bec aux pros du chialage.  

 Les critiques, les médisances et les plaintes sont le lot quotidien des milieux de travail. Pour la coach en gestion, Manon Blondin, ce chialage peut représenter le symptôme d’un problème gangrenant le fonctionnement d’une entreprise.  

 « Quand le chialage est persistant et récurrent, il y a peut-être quelque chose à creuser », avance la conférencière et formatrice.  

 Au Québec, certains sujets de lamentation sont incontournables : la dernière débandade du Canadien et le cocktail météo de la veille. La bévue impardonnable d’un politicien mal-aimé et la fin en queue de poisson du téléroman de l’heure peuvent aussi alimenter les gérants d’estrade. Au-delà de ces discussions sur la pluie et le beau temps, il y a aussi les critiques sur le milieu du travail.  

 « Il y a tellement de racines [au chialage en entreprise], explique Manon Blondin. Il y en a pour qui ça permet de lancer une conversation. Pour d’autres, c’est pour exprimer quelque chose avec laquelle ils ne sont pas à l’aise. »  

 Des employés se plaignent parfois parce qu’ils ne sont pas heureux, mais il y en a aussi qui critiquent le fonctionnement de l’entreprise parce qu’il y a un caillou dans l’engrenage ou parce qu’ils n’ont pas bien compris des changements apportés au sein de l’entreprise, ajoute-t-elle.  

 L’auteur et conférencier Alain Samson a quant à lui consacré tout un livre au chialage. Dans Chialage interdit, il note que « les chialeurs ont tendance à se concentrer sur ce qu’ils n’ont pas au lieu de constater tout ce qui est à leur portée. »  

 Alain Samson souligne également que les lamentations d’un employé sont non seulement néfastes pour la santé, mais aussi pour les relations avec les collègues. « Vous vous êtes plaints et avez fait naître des émotions négatives chez vos interlocuteurs, écrit-il. [Ceux-ci] vous associent spontanément à ces émotions et à une chute de leur humeur. »  

 Les gestionnaires doivent ainsi rester à l’affût des bruits de corridor et évaluer dans quelle mesure ils relèvent de leurs responsabilités, d’après Manon Blondin. « Ils doivent se demander en quoi ce chialage est leur problème. Ce ne sont pas tous les chialages qui sont négatifs, mais il faut s’interroger sur leur pertinence. »  

 Des solutions  

Pour remédier à une situation qui pourrait dégénérer, une rencontre d’équipe peut être organisée pour calmer le jeu. Sinon, les gestionnaires peuvent également diffuser une note explicative ou réaliser un sondage de satisfaction auprès de l’ensemble des employés.  

 Alain Samson suggère en outre d’offrir une formation sur la gestion des conflits, voire d’organiser un « mois sans chialage ».  

 « Si une personne chiale devant vous, il est aussi possible de la recadrer dans les faits ou de lui présenter une personne qui peut l’aider », mentionne pour sa part Manon Blondin. Elle insiste pour dire que le maintien d’un bon climat de travail concerne tout le monde, autant les patrons que les employés.  

 « Le chialage affecte la mobilisation de l’équipe, ce qui fait que celle-ci produit moins », renchérit-elle. Et si les gestionnaires n’agissent pas, des employés quitteront le navire, faute de motivation et de bien-être au travail.  

  

 

  

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