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Humanité

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Voilà, nous y sommes. Confinement quasi complet. On reste chez soi et on attend la suite des choses avec dans le ventre un cocktail de peur et d’espoir.   

Je ne sais pas quand je pourrai recommencer à travailler, vous ne le savez peut-être pas non plus. J’attends le bilan des cas tous les jours comme un rendez-vous avec notre destin. Les chiffres, tellement de chiffres. Des courbes, des graphiques, des experts. Tellement de questions et si peu de réponses.   

On peut avoir l’impression que jour après jour on nous enlève un peu plus de ce qui fait de nous des humains. Notre liberté de sortir, de consommer, de se regrouper. Et c’est vrai. On perd des privilèges pour le bien commun, c’est la moindre des choses, vous me direz, et je suis d’accord avec vous. Ce n’est pas cher payé pour sauver des vies.  

Toutes ces restrictions laissent des traces, c’est normal. Mais ce ne sont pas que des traces négatives. Oui, il y a de l’angoisse, oui, il y a du stress, mais il y a aussi beaucoup de belles choses qui naissent autour de nous.   

Des gens qui s’unissent malgré la distance. Des familles qui ne se parlaient que très rarement qui prennent maintenant quotidiennement des nouvelles de leurs proches.   

Des humoristes, des créateurs, se connectent tous les soirs pour proposer des discussions, des fous rires, des chansons, juste pour nous rappeler que ce qui fait de nous des humains, ce n’est pas le nombre de centres commerciaux que l’on peut visiter dans une semaine, ou le nombre de soupers que l’on peut faire au restaurant.   

L’humanité, c’est plus qu’un état biologique, c’est un état d’âme. C’est de l’empathie, de l’affection, de l’amour. C’est aussi avoir envie de faire rire et de faire du bien autour de nous. De prendre des mesures pour que des petits commerces qu’on aime n’aient pas à fermer leurs portes. L’entraide, ce n’est pas toujours d’aller placer des sacs de sable pour former une digue.   

Si je regarde autour de moi, j’ai l’impression que, tout en restant chez soi, il est possible de former un barrage très solide contre le cynisme et le désespoir.  

Certains peuvent dire que c’est de l’opportunisme. Que les artistes qui font des vidéos, des directs, des podcasts et des chansons ne veulent qu’avoir de l’attention et bien paraître. C’est peut-être vrai, pour certains d’entre eux. Il y aura toujours des profiteurs, peu importe la situation.  

Je préfère croire que, même lors d’une détresse aussi profonde et grande que celle que nous vivons en ce moment, au final, c’est l’humanité qui finira par en ressortir gagnante.  

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