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Montréal: ouvrir un commerce au temps du coronavirus

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PHOTO GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

MONTRÉAL – Se lancer dans la restauration est déjà quelque chose de périlleux et implique de faire face à des imprévus, mais ouvrir pile au moment où une pandémie éclate, ça ajoute tout un défi, ont appris deux restaurateurs de Villeray.

«Je pense que plusieurs personnes sont encore un peu sur le choc de la situation», a expliqué Charles Thibault, l’un des trois propriétaires du café Lundis au soleil, qui a ouvert ses portes le 12 mars au coin des rues Jarry et Saint-Hubert.

Avec Karina Tétrault et Olivier Martinez, le jeune entrepreneur a remporté une bourse de PME Montréal en janvier 2019 pour que le trio démarre son projet de rêve, un restaurant-café de style européen, une offre qui trouvait inexistante dans le quartier.

Après multiples rénovations, l'établissement a ouvert la journée même où les mesures de restrictions débutaient, comme la fermeture des écoles. Les restaurants n'étaient toutefois pas encore limités à 50 % de leur capacité, ni obligés à ne servir que des plats pour emporter comme c'est le cas actuellement.

«On vit surtout une frustration de ne pas être ce qu’on voulait être. Imaginez si on doit fermer pour de bon, alors qu’on n’a même pas eu la chance d’ouvrir à plein régime», a indiqué Mme Tétrault.

La pâtisserie et boulangerie Fleur de sel, sur Jean-Talon, près du métro Iberville, expérimente actuellement le même problème

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«On a ouvert à la fin du mois de février, et tout allait bien, a expliqué Karim Chemrouk, le propriétaire du commerce. Nos ventes augmentaient, on avait de bons commentaires sur Facebook... mais depuis le début des mesures, on a dû s’adapter».

Adaptation

Des deux côtés, le mot d’ordre demeure le même pour l’instant: adaptation.

Adapter les plats, fournir un service pour emporter, réduire les quantités... les deux établissements essaient par tous les moyens de rester ouverts, et ne pas fermer dans la tempête.

«On pense peut-être faire des virements Interac et aller, nous-même, sans service de livreur, livrer les commandes chez les gens. On pense aussi faire des petits plats pour les personnes âgées», a souligné M. Chemrouk.

Le propriétaire a ajouté que, bien malgré lui, il a dû temporairement mettre à pied les membres de son équipe, même s'ils étaient bien agencés, et continuer à gérer l'endroit seulement avec les membres de sa famille et son pâtissier en chef.

Esprit de communauté

Malgré les mesures de plus en plus restrictives, des clients sont toutefois au rendez-vous pour venir encourager les deux commerces.

«Il y a des gens qui passent tous les jours et souhaitent encourager l’économie locale», a fait savoir M. Chemrouk.

Même constat pour Lundis au soleil; tout au long de l’entrevue, des clients déjà réguliers se présentaient pour prendre des nouvelles de l'équipe et acheter des plats pour emporter.

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