À la banque alimentaire pour la première fois: des gens obligés de piler sur leur orgueil | 24 heures
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À la banque alimentaire pour la première fois: des gens obligés de piler sur leur orgueil

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

De nouveaux visages d’un peu partout au Québec se présentent dans les banques alimentaires pour y trouver de quoi manger après avoir perdu leur emploi. Les demandes de dépannage risquent même de doubler pour atteindre 800 000 par semaine, préviennent les experts du milieu.  

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À en croire la file d’attente qui s’étirait longuement jeudi devant l’organisme La Bouchée généreuse de Québec, il faudra ajouter la faim à la longue liste des contrecoups de la COVID-19.  

Des dizaines de personnes, plusieurs n’ayant jamais mis les pieds dans des organismes d’aide, y attendaient de quoi nourrir leurs familles.   

Photo Jérémy Bernier

« On ne pensait pas avoir besoin de faire appel à des ressources alimentaires un jour. Mais là, on n’a pas le choix », racontent Willy Alcis et Laurianna Florian.  

Pas de chômage  

« On a trois enfants, le logement, deux autos à payer, des paiements à gauche et à droite. J’ai fait mes demandes de chômage, mais pour l’instant, je n’ai toujours pas de réponse », explique M. Alcis.  

Photo Jérémy Bernier

Les organismes montréalais voient aussi beaucoup de nouveaux visages ces jours-ci. Edgar Omar Herrera, qui travaillait dans un magasin de chaussures avant de perdre son emploi il y a deux semaines, a été pour la première fois jeudi faire son épicerie à L’œuvre des Samaritains, dans le quartier Villeray, où on peut acheter un panier de denrées bien garni pour 7 $.  

« C’est moins cher que dans une grande épicerie. S’il n’y avait pas ce service, ce serait beaucoup plus difficile de se nourrir », dit-il.  

La situation était semblable du côté de la Première église évangélique arménienne, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, où des bénévoles mettaient de la nourriture directement dans les véhicules des gens pour éviter les contacts.   

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Eve Jubinville, qui avait recours à ce service pour la première fois alors qu’elle travaillait jusqu’à récemment comme conductrice d’autobus scolaire, réussissait à garder le sourire malgré tout. « C’est pas évident, il faut faire les procédures, se mettre en branle. [...] Moi je n’ai pas d’emploi présentement, mais ça aide aussi d’autres qui ont encore moins que moi. Ils sont géniaux », disait-elle à propos des bénévoles. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Hausse alarmante 

Du côté des Banques Alimentaires du Québec, on soutient que les demandes d’aide risquent de doubler rapidement. « En temps normal, on dessert environ 450 000 personnes par semaine. [...] On remarque déjà une hausse, on devrait maintenant desservir plus de 800 000 personnes par semaine », explique Claudia Gastonguay.  

– Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron, Roxane Trudel et Camille Dauphinais-Pelletier