Poisson d’avril | 24 heures
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Poisson d’avril

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AFP

J’aimerais qu’au moment où vous lisez ses mots, vous soyez soulagés. J’aimerais que ce matin, vous, moi, le reste de la planète, on ait appris la vérité à propos de cette pandémie et que finalement tout ça ne soit que le plus gros poisson d’avril de l’histoire de l’humanité. 

J’aimerais qu’on me dise que tous ces chiffres, ces fermetures, ces décès et ce confinement n’aient été qu’un exercice machiavélique dans le but de battre le record Guinness du plus gros poisson d’avril de tous les temps.  

J’aimerais vous dire que j’ai repris le travail, que les spectacles recommencent dès ce soir. J’aimerais vous dire que le téléphone ne dérougit pas, que les contrats s’accumulent à un rythme délirant.  

J’aimerais vous dire que personne n’a souffert et que personne ne souffre. Qu’il n’est plus nécessaire de désinfecter tout ce que l’on touche avant, après et pendant chaque utilisation.  

J’aimerais vous dire de vous organiser un gros BBQ dans votre cour avec tous ceux que vous aimez, pour leur parler à quelques pouces de distance, les serrer dans vos bras, leur donner des câlins et des bisous.  

J’aimerais vous dire que je vais continuer à écrire mes chroniques ici, dans ce journal. Que j’aurai encore le bonheur de vous partager mes états d’âme pendant les semaines, les mois à venir.  

Mais ce n’est pas un poisson d’avril. Tous ses chiffres sont réels, dramatiquement réels. Les gens souffrent, les gens ont peur et malheureusement cela va continuer encore un certain temps. 

C’est aussi la fin pour mes chroniques. Ce seront mes derniers mots pour les prochaines semaines, voire même les prochains mois.  

Je ne vous dis pas adieu quand même, c’est un au revoir parce que nous y arriverons. Nous allons continuer la bataille avec force et courage. Nous allons rester chez nous, monter la garde. Parce que dans ce type de bataille, la meilleure offense reste encore la défense.  

Je vais m’ennuyer d’écrire ces mots. C’était pour moi une façon de ventiler, de faire une introspection sur ce qui m’arrive, ce qui nous arrive. J’appréhendais avec hâte, avec joie, ce moment que j’allais passer devant mon ordinateur à chercher quelque chose d’intéressant et de vrai à vous partager. Et c’est avec la même joie et la même hâte que je vais le faire à nouveau, aussitôt que possible.  

En attendant, faisons tout ce que nous pouvons pour aider les gens qui tiennent l’humanité à bout de bras. Sans les travailleurs et travailleuses des services essentiels notre société s’écroulerait comme un château de cartes.  

Aidons-les à faire leur travail.  

En terminant, j’aimerais vous dire une dernière chose : RESTEZ CHEZ VOUS!