Être infirmière au temps de la COVID-19 | 24 heures
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Être infirmière au temps de la COVID-19

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À quoi ressemble le quotidien des infirmières actuellement en poste ? Deux « anges gardiens » témoignent et racontent leur expérience en milieu hospitalier. 

Travailler aux soins intensifs a toujours été, par définition, exigeant. Sophie (nom fictif) admet que ses tâches aux soins intensifs — un métier qu’elle adore par ailleurs — sont devenues plus stressantes au cours du dernier mois. « Ça demande certainement plus d’énergie, évalue-t-elle. Je dirais qu’un quart de travail avec un cas de COVID-19 positif est deux fois plus fatigant que ce que je vis habituellement. »   

D’une part, les personnes infectées par le coronavirus « sont, de façon générale, plus malades » et ont par conséquent besoin de beaucoup de soins. « C’est difficile de s’occuper de plus d’un patient COVID-19 à la fois, souligne-t-elle. Comme ils sont isolés entre quatre murs fermés hermétiquement, les surveiller demande aussi plus de vigilance. »   

D’autre part, il y a la question de l’équipement. On a beaucoup entendu parler des masques N95, mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’ils sont « très inconfortables », décrit l’infirmière, employée d’un centre hospitalier universitaire.   

Qui plus est, la protection requise chaque fois qu’elle s’approche d’un cas positif rallonge les temps de réponse en cas de détresse du patient. « Si tu vas vraiment très vite, ça prend peut-être une minute [pour s’habiller, mettre le masque et la visière], mais une minute, c’est long quand quelqu’un s’étouffe sur son tube ou est en arrêt cardiorespiratoire alors que normalement, tu es à son chevet en quelques secondes. »   

Un quotidien chamboulé 

Jeanne (nom fictif), qui travaille dans un hôpital régional situé dans la couronne de Montréal, a également fait face à quelques cas de patients infectés par le coronavirus. « Je me promène sur plusieurs départements, y compris le département où il y a des cas de COVID-19 », dit-elle.   

La jeune infirmière explique vivre ces temps-ci « des semaines de fou » où elle doit parfois travailler pendant 12 heures d’affilée.   

Modifications à la formation en vue ? 

Si Sophie confirme que les infirmières sur le terrain sont, du moins à l’hôpital où elle travaille, « très bien guidées » et en aucun cas laissées à elles-mêmes, elle admet que le contexte de pandémie est très peu étudié au cégep dans la formation initiale en soins infirmiers.   

« C’est une notion qu’on a plus effleurée qu’autre chose, avoue-t-elle. Il faut dire que ce n’est pas quelque chose qu’on a vécu souvent au Québec. » Selon l’infirmière spécialisée en soins intensifs, il ne serait toutefois pas étonnant que la formation soit adaptée en conséquence dans les prochaines années afin de mieux préparer les aspirants infirmiers.   

« La question des pandémies sera certainement abordée de façon différente avec les prochaines cohortes », croit-elle.