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Devriez-vous mettre votre recherche d'emploi «sur pause»?

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Depuis les premiers cas de COVID-19 déclarés au pays, le taux de chômage grimpe en flèche. Est-ce toujours le bon moment pour chercher un emploi ? 

Le Canada a perdu plus d’un million d’emplois au mois de mars, selon les dernières données de Statistique Canada. Et ce ne serait qu’un début : l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, disait en entrevue au quotidien National Post s’attendre à voir trois millions d’emplois disparaître en avril. Sans compter que, au Québec, la fermeture des entreprises non essentielles depuis le 24 mars fait obstacle à bien des entrées en poste. 

Dans ce contexte, vaut-il mieux suspendre la recherche d’un nouvel emploi ? Pas nécessairement, mais en ce qui concerne les embauches comme une foule d’autres aspects de la société, des bouleversements et des ralentissements sont à prévoir. 

Candidats libérés et employeurs motivés 

Marie-Ève Altur, présidente et fondatrice de la firme Novea Recrutement, affirme recevoir depuis la mi-mars plus de candidatures qu’à l’habitude — et pas seulement de la part de chômeurs. « Je crois que plusieurs travailleurs qui souhaitaient changer d’emploi se sentent plus à l’aise d’entamer des démarches en ce sens depuis qu’ils travaillent de la maison », dit la spécialiste en recrutement dans les domaines juridique et administratif. 

Mais ces candidats devront s’armer de patience : « En temps normal, deux ou trois semaines s’écoulent entre la réception d’un CV et un appel au candidat, dit Marie-Ève Altur. Avec la pandémie, il faut compter au moins un mois et demi. » 

La demande de personnel, quant à elle, est toujours présente : « Du côté des employeurs, environ la moitié de mes clients ont mis leurs embauches sur pause. L’autre moitié poursuit les démarches de recrutement à distance en menant les entrevues par vidéoconférence. » 

À la firme de recrutement St-Amour, la recherche d’employés est toujours « en effervescence », selon Chantal Fillion, directrice de division, secteur médical et pharmaceutique, qui précise que la situation est semblable pour ses collègues œuvrant dans d’autres secteurs d’activité. « On est encore sur l’élan de la pénurie de main-d’œuvre. Les entrevues ont lieu en mode virtuel sur différentes plateformes, dont Zoom pour les entrevues de groupe, décrit-elle. C’est un simple changement de canal, et notre accompagnement s’ajuste. Dans l’ensemble, nos clients sont optimistes pour la suite. » 

Malgré cette confiance en l’avenir, les embauches sont nombreuses à être suspendues en cours de route, note la directrice de division chez St-Amour. « Souvent, au terme de la démarche, l’employeur choisit un finaliste, mais le processus s’arrête là. Comme plusieurs entreprises ne savent pas quand elles vont reprendre leurs activités normales, elles attendent avant d’officialiser l’embauche. » 

Ceux qui échappent à la pause 

Tous les secteurs de l’économie ne sont cependant pas en « hibernation », pour reprendre l’expression du ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon. Certains connaissent même des besoins en main-d’œuvre plus importants qu’avant la crise en raison d’un accroissement soudain de la demande pour leurs produits et services. C’est le cas dans le secteur de la santé, des technologies de l’information et de l’alimentation. 

Par ailleurs, Chantal Fillion souligne que de grandes entreprises embauchent déjà des télétravailleurs. « De grosses boîtes dans les secteurs des services aux entreprises, des assurances et dans le secteur financier sont outillées pour accueillir et intégrer à distance les nouveaux employés. » 

Quoi qu’il en soit, les travailleurs qui viennent de perdre leur emploi gagnent à peaufiner leur profil LinkedIn, de parcourir les sites d’emploi et de solliciter leur réseau afin d’activer leur recherche d’un poste. Mais avant d’espérer commencer un nouveau boulot, comme le dit Marie-Ève Altur : « Il faut prendre son mal en patience. » 

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