Les clients prêts à débourser jusqu’à 350 $ pour une coupe de cheveux | 24 heures
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Les clients prêts à débourser jusqu’à 350 $ pour une coupe de cheveux

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ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

MONTRÉAL – Des clients sont prêts à débourser des sommes astronomiques pour obtenir une coupe de cheveux fraîche, alors que la date à laquelle les salons de coiffure et les barbiers pourront rouvrir est toujours inconnue.  

«On m’a proposé 100 $, 200 $ et même jusqu’à 350 $ pour une coupe de cheveux», a confié Oliver Kult, fondateur des salons de barbiers Maison Privée.  

Son confrère Mathieu Courtemanche, copropriétaire et fondateur des salons Les Barbares, a eu des expériences semblables. «Un bureau de professionnels m’a [offert] plus de 1000 $ pour un après-midi à couper leurs cheveux», a-t-il raconté, en estimant à 10 personnes la taille de l’équipe en question.  

Les deux hommes ont refusé catégoriquement ces sommes même s’ils connaissent d’autres barbiers qui ont accepté des montants similaires. «C’est injuste pour ceux qui respectent les règles. Tous les clients que je refuse se retournent et vont voir d’autres options. Ceux qui acceptent de le faire [avoir des clients], ils se développent une clientèle et beaucoup d’entre eux vont rester lorsque ça va ouvrir», s'est désolé M. Courtemanche.  

Attente  

Olivier Kult constate une hausse d’appels de clients, dont plusieurs du domaine de la construction. «Ils me disent: "j’ai beaucoup trop chaud en dessous de mon casque et je n’ai pas envie de me raser". [...] Plus ça prend de temps avant que les salons de coiffure ouvrent, plus les clients sont prêts à payer.»  

À la succursale lavalloise des Barbares, entre 100 et 150 personnes ont manifesté un intérêt pour être sur une liste d’attente. Un casse-tête est à prévoir lors de la réouverture, selon M. Courtemanche.  

«Dès qu’on a une date, c’est sûr qu’on va ouvrir la prise de rendez-vous en ligne, mais j’ai aussi ma liste d’attente de gens qui veulent un rendez-vous. Les gens vont pouvoir réserver en ligne lorsqu’on va rouvrir les valves. Même si j’ai des listes d’attente, je ne peux pas les mettre nulle part dans l’horaire. Si je les mets tous à une certaine date et que ça n’ouvre pas, il va falloir que je les redéplace.»  

L’engouement des consommateurs ne veut pas dire pour autant que les salons de coiffure s’en mettront plein les poches.  

«En augmentant un peu nos prix et en [distançant] les rendez-vous, on réduit notre chiffre d’affaires. Les loyers ne seront pas moins chers et on ne paiera pas moins nos barbiers», a analysé M. Kult.  

Les deux hommes d’affaires rêvent d’ici là de retrouver leurs clients. «Je suis conscient que c’est pas parce que tu as les cheveux trop longs que tu n’es pas capable de vivre. Je suis conscient que ce n’est pas essentiel, mais on est capable d’opérer demain matin de façon hyper sécuritaire», a conclu Mathieu Courtemanche.

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