Pas de ruée dans les boutiques sur Mont-Royal | 24 heures
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Pas de ruée dans les boutiques sur Mont-Royal

MONTRÉAL | Alors que les files d’attente étaient longues devant les grands magasins du centre-ville, c’était loin d’être la folie furieuse lundi sur l’avenue du Mont-Royal pour la réouverture des commerces de détail après deux mois d’arrêt forcé.  

Plusieurs voix se sont élevées en faveur du commerce local depuis le début de la pandémie, mais concrètement, les gens semblaient plus attirés par les grandes chaînes lundi.  

Certains vendeurs attendaient avec impatience de rencontrer des clients, mais peu se sont pointés. «C’est une première, c’est le moins qu’on puisse dire», a indiqué Svetlana, vendeuse pour la boutique de bijoux et de montres Maha Lakshmi, masquée et prête à travailler.  

Il faut pourtant que les Québécois soient nombreux à aller dans les commerces locaux afin d’assurer la pérennité des entreprises. «Il n’y aura pas de ventes trottoir, pas de festivals, pas de touristes et pas de spectacles. Ça va être plus difficile», a souligné Manuel Paul Gabber, propriétaire du disquaire Paul’s Boutique.  

Comme annoncé par l’administration Plante dans son plan estival, l’avenue du Mont-Royal sera réservée aux piétons cet été. «S’il y a plus de piétons qui se promènent, ça va peut-être donner plus de visibilité à notre vitrine», espère Sébastien, de la boutique de cadeaux Chez Farfelu. Nathalie, l’assistante-gérante, estime à 40% la baisse d’achalandage par rapport à un lundi normal du mois de mai.  

 

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

 

Elle perçoit tout de même des signes encourageants et croit que l’engouement pour l’achat local est une solution viable pour augmenter les ventes. «C’est ce qui va nous permettre de nous relancer économiquement», a-t-elle avancé.  

Certains consommateurs, comme Ariane, sont d’accord. «J’y porte une plus grande attention [...]. Plus particulièrement maintenant, c’est important d’encourager les petites entreprises», a-t-elle indiqué, interceptée après s’être procuré des bouquins à la librairie Le Port de tête.  

Anis, propriétaire du Z-Chicha et de trois autres boutiques dans l’arrondissement, s’attendait à ce départ lent. «La température n’est pas très bonne. Les gens sont effrayés et ont moins d’argent», a-t-il expliqué en faisant référence aux travailleurs ayant perdu leur gagne-pain en raison de la pandémie. Celui-ci croit que cela s’améliorera au fil du temps.  

Depuis une semaine, la plupart des commerçants travaillent d’arrache-pied à améliorer les conditions sanitaires de leur boutique. Certains trouvent des solutions originales: la boutique de vêtements gothiques Diabolik offre la possibilité à ses clients de réserver le magasin pendant une heure de magasinage (maximum de deux clients à la fois).  

 

ALEX PROTEAU/24 HEURES/AGENCE QMI

 

L’initiative sanitaire attire déjà certains clients, puisque les espaces étaient déjà réservés pour les premières journées de la semaine, a révélé la propriétaire, Manon Verret.