Commerce en ligne: la pandémie profite au marché de seconde main | 24 heures
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Commerce en ligne: la pandémie profite au marché de seconde main

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PHOTO COURTOISIE/Catherine Genest

MONTRÉAL – La vente et l’achat d’items usagés semblent avoir gagné en popularité pendant le confinement provoqué par la COVID-19, alors que plusieurs magasins étaient forcés de fermer leurs portes.

Le site web de petites annonces Kijiji a notamment remarqué une augmentation significative du trafic sur ses pages.

«Selon nos données internes, les visites en avril ont grimpé à 142 millions, une augmentation de 9 % par rapport à mars», a résumé Kent Sikstrom, directeur des relations avec la communauté pour Kijiji Canada.

L'isolement a incité de nombreuses personnes à faire du ménage ou à repenser leur décor.

Isabelle Clément est décoratrice d’intérieur et elle gère De la ruelle au salon, une page Facebook de trouvailles usagées suivie par plus de 35 000 internautes. Inactive pendant les deux premiers mois de la pandémie, sa page a finalement repris du service à la mi-mai.

«Je n’ai pas remarqué de baisse [du nombre d’annonces d’articles usagés sur Facebook Marketplace]. Au contraire, ce que je remarque, c’est plutôt une recrudescence», a-t-elle dit.

Il faut dire que la plupart des magasins où on peut acheter des meubles et des objets du quotidien ont été fermés pendant deux mois, ce qui pouvait pousser des gens à se tourner vers l’usagé.

«J’ai, par exemple, reçu beaucoup de demandes pour un bureau IKEA que j’avais annoncé moi-même. Les gens m’ont dit qu’ils en avaient besoin pour le travail à domicile», a raconté Mme Clément.

Jeux vidéo et bicyclettes

Certains items étaient aussi plus populaires qu’en temps normal. Sur Kijiji, les réponses aux annonces de jeux vidéo ont connu un bond de 104 % entre le 12 mars et le 8 avril par rapport au mois précédent.

Pour les bicyclettes, ce taux a grimpé de 134 %, puisque plusieurs personnes ont plus de temps libre à consacrer à l’activité physique ou souhaitent éviter de prendre les transports en commun par crainte des risques de contagion.

Béatrice Gaudreault, une cliente très active sur la plateforme pendant le confinement, l’a constaté d’elle-même.

«Les vélos partent vraiment vite. Ils trouvent preneurs en deux secondes. Il faut se dépêcher, il faut vraiment être prêt à aller le chercher sur-le-champ», a-t-elle indiqué.

Un virage web qui s’impose

La pandémie a forcé Roger Samné, gérant du centre de meubles et d’objets usagés EcoDepot dans l'arrondissement de Lachine, à se réinventer. Son équipe et lui ont complètement changé leurs approches marketing: maintenant, ils ne se limitent plus à la vente en magasin.

«On a rouvert il y a peut-être un mois pour les ventes en ligne pour que les gens puissent nous appeler au téléphone et acheter des articles qu’on a mis sur notre page Facebook. On a su que, pour nous, il faudrait faire un pivot vers une vraie boutique [en ligne]», a-t-il souligné.

«Ça faisait longtemps que c’était sur notre liste de choses à faire. C’était notre gros but depuis deux ou trois ans de pivoter vers le web et de faire du commerce en ligne. La pandémie a accéléré la concrétisation de ce projet d’avoir un site transactionnel», a-t-il ajouté.

Rappelons que les commerces de détail avec une porte donnant sur l’extérieur n’ont pu rouvrir que le 25 mai dans le Grand Montréal, après deux mois de fermeture, et que les centres commerciaux sont toujours fermés.

La vente d’objets usagés entre particuliers n’a jamais été formellement interdite, à condition de respecter les mesures de distanciation sociale.

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