Baleine à bosse retrouvée morte : « Elle a sûrement subi le triste sort de la sélection naturelle » | 24 heures
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Baleine à bosse retrouvée morte : « Elle a sûrement subi le triste sort de la sélection naturelle »

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La baleine à bosse qui a erré plusieurs jours dans le port de Montréal ne serait pas morte si elle n’était pas venue dans cette partie du fleuve Saint-Laurent, croit une biologiste marine, qui rappelle que cette baleine ne peut pas survivre très longtemps loin de son habitat naturel.

Des experts procéderont dans les prochains jours à une nécropsie pour déterminer la cause exacte du décès. «Mais peu importe la cause, on parle quand même d’une baleine vagabonde qui s’est retrouvée en dehors de son territoire naturel [...] et quand ça arrive, souvent, c’est la loi de la sélection naturelle qui prend le dessus», explique la chercheuse en écologie marine Lyne Morissette. Le rorqual peut rester à court terme en eau douce, comme à Montréal. Il aurait pu toutefois développer des problèmes de peau, d'infections et de déshydratation s'il était resté dans les environs à moyen ou à long terme.

André Paquette / Agence QMI

Le rorqual errait près de Montréal, à 450 kilomètres de son habitat naturel, depuis le début du mois de juin. Le mammifère marin a effectué un long périple d’au moins cinq jours entre Charlevoix et la métropole, sous le regard attentif de nombreux curieux.

Joël Lemay / Agence QMI

Ce phénomène est exceptionnel dans cette partie du fleuve Saint-Laurent, indique l’experte Lyne Morissette. «Les rares mentions de baleines dans le secteur de Montréal remontent à plus d'un siècle» mentionne Mme Morissette. 

En temps normal, le rorqual devrait passer l’été dans l’estuaire du Saint-Laurent, avec son eau salée, avant de migrer vers les Caraïbes pour y passer l’hiver.

Voici le fil des événements:               

25 mai : La baleine est aperçue dans Charlevoix, probablement en train de se nourrir de capelan. 

26 mai : Le rorqual à bosse est photographié dans le secteur de Québec, près du pont Pierre-Laporte. 

28 mai : Le mammifère marin traverse le pont Laviolette à Trois-Rivières sous le regard incrédule de quelques témoins. 

29 mai : Vendredi matin, près de Sorel, un plaisancier voit la baleine de très près et réussit même à faire une brève vidéo.

30 mai : Le rorqual à bosse effectue plusieurs sauts dans le secteur du Vieux-Montréal et près du pont Jacques-Cartier alors que de nombreux curieux l’observent. À ce stade-ci, les experts souhaitent que la baleine rebrousse chemin pour retourner dans son habitat naturel. 

4 juin : Pêches et Océans Canada ouvre trois enquêtes sur des plaisanciers qui se seraient aventurés trop près du rorqual à bosse. La loi stipule qu’il est interdit de s’approcher des mammifères marins à moins de 100 mètres, sous peine d’une amende pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars. 

9 juin : Après avoir vagabondé environ dix jours dans le coin de Montréal et ses environs, la baleine s’échoue dans le secteur de Varennes, où l’eau est moins profonde. C’est un pilote maritime qui repère le mammifère tôt mardi matin. 

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