COVID-19: la grogne contre le réaménagement de certaines rues prend de l’ampleur | 24 Heures MTL
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COVID-19: la grogne contre le réaménagement de certaines rues prend de l’ampleur

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Signe que la grogne contre la nouvelle configuration de certaines rues de Montréal augmente, des commerçants de la rue Rachel ont bloqué l’accès à une partie de l’artère, vendredi matin. 

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Ainsi, au coin des rues Rachel et Aylwin, des cônes de construction ont été aménagés pour empêcher les voitures et les passants d’y circuler.

Les commerçants avaient entrepris leur manifestation vers 7h30 vendredi matin. Celle-ci a été levée plus tard dans la journée.

C’est que, depuis la fin mai, des voies qui étaient jadis utilisées pour le stationnement ont été converties en corridors sanitaires pour piétons et en pistes cyclables.

Cette nouvelle configuration fait en sorte qu’il ne reste que deux voies pour permettre aux voitures de circuler et plus aucun endroit pour stationner sa voiture. Ce faisant, les clients sont beaucoup moins nombreux à se rendre dans les commerces, plaident les propriétaires.

«Il y a 90% de notre clientèle qui vient au bureau [en] auto», a plaidé à TVA Nouvelles Roch Gagné, un comptable qui occupe un local commercial. «Il y a eu un service d’ambulance dernièrement dans le secteur, et les ambulances sont stationnées à mi-chemin dans la piste cyclable et dans la rue.»

Ces répercussions se font sentir chez Urgences-santé, qui dit ressentir un malaise face aux changements.

«Ce n’est pas facile justement pour les paramédics d’être pris dans des détours, a dit Stéphane Smith. Les secondes comptent, donc on doit arriver rapidement sur les interventions.»

M. Smith affirme par ailleurs que le trafic a des conséquences sur les déplacements des ambulanciers, même si les gyrophares sont allumés.

Pour sa part, Pierre Lafond, courtier immobilier chez RE/MAX, ne comprend pas le nouvel aménagement.

«On est sur une rue résidentielle, alors qu’on nous vante les mérites des corridors sur les rues commerciales. Ici, il n’y a personne qui utilise le couloir sanitaire», a-t-il dit.

Dans une entrevue avec le journal français Le Monde le 21 mai, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dit au sujet de son plan de corridors sanitaires: «Il y a encore quelques semaines, mon plan de piétonnisation et de pistes cyclables, qui équivaut à supprimer des centaines et des centaines de places de stationnement, aurait provoqué un tollé. Or, pour l’instant, je n’ai reçu aucune plainte. Je ne me fais pas d’illusions, ça va venir».

Mme Plante demeure «convaincue» que, dans «les périodes de crise, on trouve l’occasion pour faire des changements "chocs" qui remportent l’adhésion de la population».

Toutefois, la veille de cette entrevue, des commerçants de la Petite-Italie s’opposaient déjà au projet. Même l’ombudsman de Montréal avait émis un avis de préoccupation en ce qui a trait à ces changements.

Face à la grogne de commerçants, la Ville de Montréal a fait parvenir à TVA Nouvelles des données sur les passages cyclistes sur la rue Rachel.

«Les données de comptage que nous avons démontrent une forte utilisation de la piste cyclable du côté nord avec plus de 4000 passages par jour. Toutefois, le corridor piéton côté sud n’est pas utilisé comme anticipé», explique-t-on.

La Ville assure qu’elle ajuste ses plans en fonction des plus récentes données et que l’aménagement du côté sud de la rue ainsi que les stationnements sur rue seront réinstallés progressivement au cours de la semaine prochaine.

La Ville a aussi invité Urgences-santé à apporter ses commentaires et à proposer des modifications directement à la Ville.

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