Conseil municipal: vers des échanges en direct avec les citoyens? | 24 heures
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Conseil municipal: vers des échanges en direct avec les citoyens?

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Photo d'archives, Agence QMI

MONTRÉAL – La Ville de Montréal est en train de réfléchir à la possibilité de tenir des périodes de questions à distance en direct au Conseil municipal, ce qui permettrait aux citoyens d’interagir directement avec les élus interrogés. 

La période de questions en présentiel a été supprimée au début du confinement pour éviter les risques de propagation du coronavirus. Les questions doivent maintenant être envoyées à l’avance, puis les élus y répondent durant la réunion mensuelle du conseil. Les relances, comme lorsqu’un citoyen souhaite une précision, ne sont plus possibles.

«Nous testerons des solutions technologiques disponibles qui pourraient être mises en place pour permettre aux citoyens de poser leurs questions en direct», a indiqué Émilie Thuillier, responsable de la démocratie au comité exécutif de la Ville.

Dans d’autres villes québécoises, comme Saint-Jean-sur-Richelieu ou L’Ancienne-Lorette, des périodes de questions aux élus en direct ont été organisées durant la pandémie.

Avis d’expertes

Il est moins facile d’avoir un dialogue de cette façon, observe Caroline Patsias, professeure au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). «Dans la situation actuelle, on perd la rétroaction (...). Si le citoyen n’est pas satisfait de la réponse ou trouve que le maire a mal compris sa question, il n’a pas la possibilité de poser sa deuxième question», a-t-elle ajouté.

L’utilisation d’une plate-forme comme Zoom permettrait de rétablir l’interactivité, illustre-t-elle. Par ailleurs, les conseils d’arrondissements, où les questions doivent aussi être envoyées à l'avance, sont habituellement une occasion pour des résidents aux préoccupations similaires d’échanger entre eux. La formule à distance rend cela plus difficile, a noté Mme Patsias.

«C’est vrai que c’est un rétrécissement de la démocratie», a-t-elle précisé. Cela dit, «je n’y vois pas une instrumentalisation de la COVID par la municipalité. Les mesures prises, c’était pour éviter la propagation du virus. Je crois que supprimer le présentiel, c’était la chose à faire».

Pour Danielle Pilette, professeure au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l’UQAM, l’impossibilité de poser des questions aux élus en face à face n’est pas préoccupante puisque c’est temporaire.

Les réponses aux questions restent accessibles étant donné que les séances sont diffusées, a ajouté Mme Pilette, qui croit aussi que cette formule peut créer une meilleure répartition entre les citoyens du temps alloué aux questions.

Le comité exécutif souhaite d’ailleurs que les Montréalais gardent la possibilité de poser des questions aux élus à distance, même après la crise sanitaire.

Actuellement, les élus eux-mêmes participent par visioconférence au conseil et ne sont plus présents physiquement. À la fin mars, une formule hybride s'était tenue: une dizaine d’élus étaient sur place à l’hôtel de ville et les autres avaient participé par téléphone. L’expérience – «vraiment cacophonique», rappelle Mme Thuillier – n’a pas été répétée depuis.

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