Les commerçants ne veulent pas jouer à la police | 24 Heures MTL
/mtl-news/news

Les commerçants ne veulent pas jouer à la police

Image principale de l'article Des commerçants refusent de faire la police
Joël Lemay / Agence QMI

Les commerçants montréalais ne veulent pas avoir à jouer à la police du masque lorsque le port de celui-ci sera obligatoire dans leurs établissements. 

• À lire aussi: Masque obligatoire: plusieurs Montréalais prêts à se conformer

• À lire aussi: Espaces publics intérieurs: étude «très intense» de l'obligation de porter le masque

«Ce n’est pas notre rôle, on ne veut pas se retrouver à être des policiers», a affirmé Jean-François Belleau, directeur des relations gouvernementales pour le Conseil canadien du commerce de détail.

  • Écoutez l'entrevue de Jean-François Belleau avec Jean-François Baril à QUB Radio:

«C’est un peu contre nature pour un commerçant de dire à un client "non, pas toi, tu t’en vas chez vous, tu mets un masque ou tu t’en vas"», a-t-il donné en exemple.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi que les masques seront obligatoires dans les lieux publics fermés de la métropole à partir du 27 juillet. On ne sait pas encore qui sera responsable de l’application de ce règlement.

• À lire aussi: Montréal obligera le port du masque dans les lieux publics fermés

«Va-t-on demander aux commerçants de jouer la police dans les magasins ou c’est les forces de l’ordre qui vont le faire? On l’a vu avec le lavage de mains obligatoires et le contrôle à l’entrée, il y a quand même des limites à ce qu’un commis de 17 ou 18 ans est capable de faire respecter à des clients, disons, récalcitrants», a soulevé M. Belleau.

Bien que celui-ci soit inquiet de l’application du règlement, il n’en conteste pas la validité et souhaite pouvoir travailler avec la Ville de Montréal pour en préciser les détails. Le Conseil, qui représente aussi des commerçants ontariens, a d’ailleurs été consulté pour l’élaboration d’un règlement semblable qui entrait en vigueur à Toronto mardi. «On l’a rendu plus applicable. On a beaucoup de savoir-faire», a souligné M. Belleau.

Traverser le pont

M. Belleau est aussi préoccupé par les iniquités qui vont exister entre les régions si le port du masque n’est obligatoire que dans les commerces montréalais.

«Quelqu’un qui n’a pas le goût de faire son épicerie masqué, il a juste à prendre sa voiture et à traverser le pont, a-t-il donné en exemple. La disparité entre Montréal et la Rive-Sud et la Rive-Nord, ça pose un sérieux problème. On va imposer une expérience de magasinage X sur l’île de Montréal [et pas ailleurs].»

Exemption?

Certains types de commerces espèrent qu’ils pourront bénéficier d’une exemption. C’est le cas notamment des salles d’entraînement, qui estiment que leur clientèle n’aura pas envie de faire de l’activité physique avec un masque.

«[Il y aura] une vague de gens qui ne pourront pas revenir dans nos gyms. Ça va causer d’autres problèmes», estime la vice-présidente d'Énergie Cardio, Éveline Canape.

«Depuis l’ouverture, on respecte les mesures sanitaires, comme le nettoyage des surfaces et la distanciation sociale, et c’est ce qui fait la différence. Les gens ne sont pas dans un gym pour interagir... ils veulent s’entraîner», a-t-elle ajouté.

Pas de fuite

Le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin, croit pour sa part que la clientèle ne désertera pas les magasins montréalais le 27 juillet.

«Les gens de Montréal ont déjà une acceptation un peu plus grande par rapport au port du masque», a dit celui qui tenait à rester prudent et à attendre les modalités du règlement avant de commenter davantage.

Il croit quand même que le commerce de proximité ne sera pas affecté et que ce sont plutôt les magasins dont plusieurs clients viennent de l’extérieur de l’île de Montréal qui pourraient être impactés négativement par l’obligation.

À lire aussi

Et encore plus