Meubler local, c'est possible... à condition de payer le double | 24 Heures MTL
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Meubler local, c'est possible... à condition de payer le double

Équiper son appartement avec des meubles et des produits fabriqués au Québec, c’est possible. Selon nos calculs, il faut toutefois être prêt à payer un peu plus de deux fois plus cher... et à investir du temps en magasinage.

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Alors que plusieurs Québécois sont en plein magasinage post-déménagement, nous avons dressé une liste de meubles, d’accessoires et de produits de base qui se retrouvent dans la plupart des foyers.

Nous avons ensuite comparé les prix de ces items lorsque fabriqués au Québec par rapport à des items à bas prix, peu importe leur lieu de fabrication.

Dans cette expérience – non scientifique, mais représentative de ce que peut vivre un ménage typique –, le prix total s'est élevé à 8460,34 $ en choisissant des produits québécois, par rapport à 4 183 $ pour des produits à bas prix, peu importe leur provenance. Acheter québécois coûtait donc 4 277$ de plus, soit 102 % plus cher.

Au-delà du prix, il faut aussi prendre en compte la complexité de la mission.

Il existe plusieurs fabricants québécois pour la plupart des items que nous avons identifiés, mais il faut être prêt à investir du temps en recherche, ainsi qu’à faire des téléphones ou à poser des questions pour vérifier la provenance des produits, qui n'est pas toujours indiquée clairement.

L'exercice nous a permis de dégager quelques constats   

▶ Certains produits semblent introuvables, ou du moins très difficiles à trouver. Après plusieurs jours de magasinage en ligne et en boutique, nous n’avons pas trouvé de débouche-toilette, de seau, de poêlon ou encore d’ensemble complet de vaisselle fabriqués au Québec.

Capture d'écran

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▶ Il faut user de prudence et ne pas confondre «fabricant» et «détaillant»: beaucoup de produits fabriqués au Québec se retrouvent dans des bannières internationales, comme la marque Nexera, en vente par exemple chez Walmart. À l'inverse, des détaillants québécois vendent des meubles fabriqués à l'étranger, notamment Bouclair ou Linen Chest.

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▶ Parfois, acheter local coûte à peine un peu plus cher : l'écart de prix varie grandement selon le type de produit acheté. Les plus grands écarts de prix que nous avons constatés sont au niveau des ensembles de chaises et de tables pour la cuisine (378%), des meubles du bureau (220%), des stores (219%) et des sofas (172%). Les plus faibles écarts étaient dans les bacs de rangement pour vêtements (14%) et les électroménagers (44%).

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Si d'autres facteurs que le prix entrent évidemment en ligne de compte lorsque l'on fait de tels achats, comme la qualité des produits ainsi que les conditions de travail des personnes qui les ont fabriqués, il reste que le montant de la facture peut être déterminant.

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Les Québécois sont-ils prêts à investir autant pour consommer local?

Dans un sondage réalisé par Léger durant la pandémie, les répondants ont indiqué qu’ils étaient prêts à débourser à peine 5 % de plus pour acheter local.

Et plus les achats sont imposants, plus la «prime locale» peut être rébarbative.

«Ce pourcentage [que les gens sont prêts à payer en supplément pour consommer local] n’est pas le même si on parle d’une tomate versus un sofa qui représente 2000 $, a indiqué Cyntia Darisse, vice-présidente chez Léger. L’industrie au meuble va avoir une sensibilité plus grande au prix.»

Le désir d'acheter local semble toutefois être présent chez plusieurs Québécois.

Dans le sondage réalisé du 28 avril au 3 mai, 27 % des répondants disaient avoir augmenté leurs achats locaux depuis le début la pandémie et 58 % comptaient le faire prochainement.

«En ce moment, acheter local est une tendance et les consommateurs sont fiers d’afficher qu’ils achètent local. C’est un facteur très facilitant», a observé Mme Darisse.

Et pour acheter local tout en économisant, il y a aussi l'option du seconde main, a souligné le directeur de l’Observatoire de la consommation responsable de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, Fabien Durif.

«[Un consommateur] peut aller chercher certains meubles qui sont fabriqués localement sur des sites de seconde main», s'il connaît certaines marques à l'avance et qu'il sait ce qu'il cherche, a-t-il souligné.


Prix en vigueur entre le 26 juin et le 2 juillet Achat local ($) À bas prix ($)  Différence ($)  %
Électroménagers (cuisinière, laveuse/sécheuse, micro-ondes et réfrigérateur) 3 189,95 2 211 979 44
Bacs de rangement pour vêtements (trois paniers) 47,85 41,91 6 14
Bureau de travail + chaise  787 246 541 220
Ensemble de matelas, base de lit, sommier,  draps, couette et oreillers 1506 661,84 844 128
Sofa926340586172
Peinture (un pot, gris perle, 3,78 litres) 33 18 15 83
Chiffon et linge à vaisselle (une unité)  17 11,25 6 51
Table de chevet 94 44,97 49 109
Une table et deux chaises pour l'extérieur 499 269 230 86
Une table de cuisine et quatre chaises 1170 245 925 378
Coffre à outils de base 81,65 49,67 32 64
Stores (36po x 45po)  47,87 15 33 219
Produits d'entretien ménager (balai, porte-poussière, vadrouille, nettoyant tout usage, savon à vaisselle et détergent à lessive) 61,02 29,46 32 107
Total 8 460,34 $ 4 183 $  4 277 $  102 %

***

Le sondage a été réalisé sur le web auprès de 1502 Québécois et Québécoises, du 28 avril au 3 mai 2020. Les répondants ont été tirés du panel de Léger, qui est représentatif de la population.

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