Jour 1 du masque obligatoire dans le métro | 24 Heures MTL
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Jour 1 du masque obligatoire dans le métro

MONTRÉAL – Stéphane McDonald était l’une des rares personnes à ne pas porter le masque lundi à la station de métro Berri-UQAM, alors que prenait fin la période de grâce sur l'obligation de mettre un couvre-visage dans le transport en commun.

«Je ne le porte pas parce que je crois encore en ma liberté et je ne crois pas ce qui se dit sur le coronavirus», a dit le gérant d’épicerie avant d'ajouter que, selon lui, «90% des décès sont [survenus] en CHSLD».

Lors de son passage à la station de métro, le 24 Heures n'a dénombré qu’une dizaine de personnes sans masques sur des centaines de voyageurs transitant par Berri-UQAM. Si certains usagers ont dit l'avoir tout simplement oublié chez eux ou dans leur poche, M. McDonald l’avait avec lui, mais refusait de le porter «par choix».

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

L'homme a reconnu s'être fait avertir par la Société de transport de Montréal (STM), dans les magasins et à son travail – où il porte le masque sur son menton –, mais il a assuré qu'il ne craint pas les représailles des autorités.

«Je leur dis que je n’en ai rien à cirer; ils ne m’ont pas donné de contraventions, a avancé M. McDonald. Si j’ai vraiment besoin de mon produit en magasin, je vais le mettre, mais sinon, je ne le mets pas.»

Pas d'amende à la STM

Par courriel, la STM a indiqué qu’elle ne refusera pas d'offrir le service aux personnes sans masque. Or, selon le décret entré pleinement en vigueur lundi, les transporteurs s’exposent à des amendes variant de 400 à 6000$ s'ils transportent des personnes sans masque.

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«Avec 68 stations de métro, des centaines d’édicules et plus de 1200 bus en circulation en pointe, nos équipes ne peuvent interdire l’accès aux installations ou aux véhicules, mais s’assureront de sensibiliser les clients à l’importance du respect de cette mesure», a affirmé Isabelle Alice Tremblay, conseillère aux affaires publiques de la STM, dans une déclaration écrite.

Ainsi, les employés donneront des masques aux personnes qui n’en ont pas, et une équipe a été mise sur place afin de sensibiliser les usagers au port du masque, mais la STM «ne donnera pas d’amendes aux usagers», a indiqué Mme Tremblay en précisant que la police pourrait «être appelée» en renfort dans certains cas.

Sensibilisation

Même son de cloche chez exo, le réseau de transport opérant les trains de banlieue et diverses lignes d'autobus dans la région métropolitaine, qui a bonifié son programme de sensibilisation et d’information sur ses quais de gares.

De son côté, la Société de transport de Laval assure que ses agents et ses superviseurs sont prêts à «intervenir auprès des clients qui ne porteraient pas de couvre-visage», mais qu’il s’agit encore là de sensibiliser les usagers.

«Nous n’avons pas le pouvoir de donner d’amendes avec ce décret, surtout que c’est nous qui sommes visés par ces amendes», écrit la conseillère aux communications et au marketing Estelle Lacroix.

Elle a toutefois ajouté qu’aucun évènement majeur n’a été rapporté jusqu’à présent, la grande majorité des utilisateurs ayant adopté le masque.

Un constat que partage également Louis-Pascal Mercier, chef d’intervention à la STM. «Aujourd’hui, j’ai vu une personne sur dix qui n'en avait pas», a-t-il estimé alors qu'il observait le trafic des usagers à la station Berri-UQAM.

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

Adaptation

Les utilisateurs de la STM ayant oublié leur masque peuvent s’en procurer dans les guérites de plusieurs stations. Un service d’ailleurs très apprécié par Constance Balança, qui a traversé Berri-UQAM en se cachant le visage avec une veste jusqu’à la guérite parce qu’elle avait oublié son masque.

«J’étais en retard, j’avais la tête ailleurs et je suis partie très vite. C’est pratique, car je ne voulais pas aller m’en acheter un. Ça m’a bien arrangée», a-t-elle expliqué.

Mais pour certains, le port du masque n'est pas encore entré dans les moeurs.

«On n’est pas habitués à ça encore, a lancé en riant Kissimger Sauveur. Moi, je n’aime pas ça personnellement, car ça réchauffe ma peau, mais oui, je vais le mettre [car] ça protège les autres.»

Philippe Lafleur, moniteur dans une boutique de lancer de hache, pense au contraire que le masque n’est pas contraignant.

GABRIELLE MORIN-LEFEBVRE/24 HEURES/AGENCE QMI

«Dans le métro, on ne fait pas d’activité physique, je n’ai pas de la misère à porter le masque et je ne vois pas de problème à le porter», a-t-il expliqué.

Usager du métro depuis sa tendre enfance, Sylvain Bernard pense que le masque n’est pas un grand prix à payer pour plus de sécurité.

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«La STM fait [sa] part, mais il faut que la clientèle fasse sa part aussi. Si on fait tous notre part, ça devrait bien aller», juge-t-il.

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