L’ancien policier François Lamarre, suspecté d’agression sexuelle, est mort | 24 Heures MTL
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L’ancien policier François Lamarre, suspecté d’agression sexuelle, est mort

Image principale de l'article L'ex-policier accusé d’agression sexuelle est mort
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

LONGUEUIL – La mort d’un ex-entraîneur de hockey mineur et ancien policier de Montréal qui était accusé d’avoir agressé sexuellement seize jeunes ne permet pas de rendre justice aux victimes, selon une de ses présumées victimes.

«Il devait être poursuivi en justice pour les crimes qu’il a commis, a soutenu Wade Wilson, un conseiller d’arrondissement de Greenfield Park, à Longueuil. On aurait aimé qu’il paie pour le mal qu’il a fait aux citoyens de Greenfield Park.»

M. Wilson est l’un des adultes qui ont porté plainte contre François «Frank» Lamarre pour des crimes qui auraient été commis dans les années 1970. Ces actes seraient survenus alors que les victimes étaient des enfants et résidaient sur la Rive-Sud.

M. Lamarre devait retourner au palais de justice de Longueuil mardi. Le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) a toutefois annoncé en matinée sur Facebook que M. Lamarre est décédé le dimanche 26 juillet dans un centre hospitalier de la Rive-Sud de Montréal de cause naturelle à l'âge de 72 ans.

M. Wilson est la cinquième personne à avoir levé le drapeau quant aux agissements de l’ancien policier. Celui qui aurait été victime il y a 45 ans souhaitait que la cause de M. Lamarre soit jugée devant un juge avec jury et devant les victimes. «C’est dur de tourner la page. Malheureusement, ça n’arrivera pas, mais nous devons tourner la page et continuer».

Le SPAL a mentionné que des accusations concernant 16 victimes avaient été autorisées jusqu’à présent. Un nombre loin de la réalité, selon M. Wilson. «Je suis sûr qu’il y en a beaucoup, beaucoup plus», a-t-il affirmé, avant d'inviter les victimes d’agressions sexuelles à aller chercher de l’aide.

Contexte

«De 1972 à 1997, cet homme aurait commis diverses infractions d’ordre sexuel, allant de la grossière indécence à l’agression sexuelle complète, à l’endroit de jeunes garçons âgés entre 9 et 16 ans», avait indiqué le SPAL dans un communiqué publié en décembre dernier.

Ce policier retraité avait été arrêté le 3 décembre 2019 pour des crimes à caractère sexuel sur des mineurs, alors qu’il était entraîneur de hockey à Greenfield Park.

Selon plusieurs articles sur le sujet, une des quatre premières victimes avait tenté il y a près de 25 ans de rapporter les gestes de M. Lamarre aux autorités, mais s’était sentie incomprise. Elle avait réessayé deux décennies plus tard et le tout avait mené à l’arrestation de son présumé agresseur par le SPAL l’an dernier après une enquête de onze mois. Il avait plaidé non coupable deux semaines plus tard.

Les potentielles victimes vivaient au Québec, mais aussi dans d’autres provinces du Canada, ainsi qu’au Royaume-Uni.

Selon la police, François Lamarre était surnommé «Frank» lorsqu’il agissait à titre d’entraîneur de hockey mineur à Greenfield Park à Longueuil dans les années 1970 et 1980.

À l’époque des agressions, le suspect était âgé entre 24 et 49 ans. Les infractions auraient été commises, entre autres, dans des arénas, à son domicile de Greenfield Park et dans son véhicule.

Parler

La mort d’un agresseur peut laisser un sentiment de vide chez la victime, a affirmé la directrice générale du Centre de prévention et d’intervention pour victimes d’agression sexuelle à Laval, Monique Villeneuve. «C’est un sentiment de n’avoir pas complété une démarche de reprise de pouvoir sur sa vie et sur l’ensemble de sa démarche», a-t-elle détaillé.

Dans un contexte où l’agresseur est en situation d’autorité, il peut être difficile pour la victime de le dénoncer. «Dénoncer, c’est souvent le premier appel à l’aide de la victime qui ne veut plus vivre dans le secret», a-t-elle souligné.

«Ce n’est pas juste du courage. C’est aussi d’être sensibilisé sur le fait que ce n’est pas un secret. Il faut défaire ce mythe-là. Que la situation vécue n’est pas “normale”. Le jeune ne l’a pas consenti», a-t-elle ajouté.

Le plus important, réitère Mme Villeneuve, c’est d’en parler. «C’est déjà un grand pas», a-t-il fait valoir.

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