Sandy Duperval: au centre de la piste de danse | 24 heures
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Sandy Duperval: au centre de la piste de danse

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Joël Lemay / Agence QMI

MONTRÉAL – Plus de 15 ans après avoir brillé à Star Académie, la DJ et chanteuse montréalaise Sandy Duperval est au zénith de sa carrière. Après plusieurs questionnements, la nouvelle porte-parole de Fierté Montréal ne recule devant aucun défi. 

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En plein juillet dans le Village gai de Montréal, Sandy Duperval nous rejoint dans un café, un sourire illuminant son visage. Marcher sur la rue Sainte-Catherine n’a pas toujours été facile pour elle. 

«On s’entend que 70% des chauffeurs de taxi sont Haïtiens et le téléphone arabe, ça fonctionne beaucoup, donc si quelqu’un me voyait ici [il y avait] 100% [des chances] que ça allait se retrouver chez ma grand-mère à Saint-Michel», lance-t-elle en riant. 

D’origine haïtienne, Sandy Duperval a grandi avec sa grand-mère et sa mère dans un milieu ultrareligieux. Ce n’est qu’après le décès de sa grand-mère en 2014, deux ans avant celui de sa mère, qu’elle fait son coming out comme lesbienne. 

«Dans son testament, elle me reconnaissait. Elle m’a écrit de ne laisser personne profiter de ce qu’elle m’a laissé, homme ou femme. Ça m’a enlevé un poids sur le dos», confie-t-elle. 

Joël Lemay / Agence QMI

Une artiste engagée

Choisie comme nouvelle porte-parole officielle par Fierté Montréal, Sandy Duperval accepte ce rôle avec humilité. 

«Parce que je suis lesbienne, je ne connais pas nécessairement toutes les autres réalités des personnes de la diversité, avance-t-elle. Je veux porter un message important, mais comprendre aussi ce qu’on me donne.» 

Elle espère mieux sensibiliser la population sur les enjeux touchant la communauté noire et la communauté LGBTQ+, comme les personnes afro-queers. Elle dit ne pas comprendre ceux qui ne voient aucun lien entre ces deux combats. 

«Que ce soit la communauté LGBTQ ou la communauté noire, c’est de sensibiliser sur des droits humains. Le lien, c’est l’humain», martèle-t-elle. 

C'est en apercevant des chaînes portées par des esclaves chez un antiquaire à Mont-Tremblant, dans sa vingtaine, que Sandy Duperval a compris sa «responsabilité d’être une femme noire». Elle le constatera une autre fois lors de ses débuts dans le hip-hop. 

«C’est drainant de combattre l’idée préconçue de la femme noire et les idées misogynes, ajoute-t-elle. L’industrie en soi est blanche, masculine et extrêmement sexiste. Je n’aurais pas voulu être la femme super sexy, j’ai donc choisi d’y aller plus underground». 

Sa voix — qu’on a pu entendre au Club Unity pendant 11 ans et dans plusieurs pays autour du monde — rappelle celle de Robin S ou de Lauryn Hill, deux chanteuses afro-américaines qui ont beaucoup inspiré la Montréalaise dans sa musique house bien rythmée. 

Joël Lemay / Agence QMI

Un parcours de battante

Sandy Duperval s’affirme et s’exprime par la musique depuis l’âge de 3 ans. 

«J’allais dehors et je chantais toute la journée et quand la pluie arrêtait, je disais: "regarde, j’ai fait arrêter la pluie"», raconte-t-elle. 

Star Académie la fera connaître comme chanteuse au grand public en 2004, alors qu’elle est étudiante en musique et en jazz au cégep à Sherbrooke. 

«On a vécu intensément pendant deux mois à l’Académie. Après, ce sont des semaines de tournée, explique-t-elle. C’est un 10 à 15 ans de carrière condensée, mais c’est le produit qu’ils vendent.» 

De nombreuses épreuves l’inspirent ensuite à se battre. Elle doit sa chanson Another Chance au département des grands brûlés de l’Hôtel-Dieu qui lui a sauvé la vie, en 2009, après qu’elle eut souffert de brûlures très graves partout sur le corps à la suite d’une réaction allergique. 

«Quand je me suis vue dans le miroir, j’ai compris à quel point la vie ne tient qu’à un fil et que, quand on a le privilège de pouvoir espérer, il faut continuer», explique-t-elle.

Diplômée en cuisine et suivant maintenant des études en gestion à Toronto, Sandy Duperval souhaite désormais marier ses connaissances dans d’autres projets. Mais ce n’est pas un adieu à la musique: elle prévoit la sortie d’un nouvel album en octobre. 

«On est là pour se déconnecter des choses qui nous dépriment et on est tous libres quand on danse ensemble», conclut-elle.