Les chauffeurs de bus inquiets des voies réservées bus-vélo | 24 Heures MTL
/transports

Les chauffeurs de bus inquiets des voies réservées bus-vélo

Image principale de l'article Les voies réservées bus-vélo inquiètent
Joël Lemay / Agence QMI

Le partage de voies réservées entre les autobus et les cyclistes inquiète les chauffeurs d’autobus montréalais, qui craignent pour la sécurité de tous.

• À lire aussi: Hausse des tarifs des transports en commun en vigueur à Montréal

Le mois dernier, la Société de transport de Montréal (STM) a annoncé l’instauration graduelle d’un nouveau partage entre les bus et les vélos sur près de la moitié des voies réservées existantes, soit sur une vingtaine d’axes, ainsi que sur quatre nouvelles voies réservées qui seront implantées cette année.

Les voies réservées sont principalement empruntées par les autobus aux heures de pointe, pour qu’ils puissent avancer plus rapidement. Parfois, les taxis et les covoitureurs peuvent les utiliser. Les conducteurs de bus devront dorénavant composer avec des vélos.

Dans une lettre adressée à l’élu municipal Marvin Rotrand, le syndicat des chauffeurs d’autobus soulève des préoccupations. «Nous surveillerons de près la situation puisque nous demeurons très inquiets quant à l’impact de ce genre de mesures sur la sécurité de nos membres, des usagers et des cyclistes», a affirmé le président par intérim Daniel Leroux.

La largeur des voies réservées et la fréquence de passage des autobus sont des éléments-clefs pour déterminer là où le partage est possible, a expliqué M. Leroux, qui ne veut pas que le partage se fasse dans les lignes à haute fréquence.

«Bien que la position historique du syndicat soit à l’effet que le partage des voies réservées avec les cyclistes représente un risque accru d’accident et ralentisse le service, nous avançons prudemment, dans un esprit d’ouverture, afin de favoriser des moyens de transport alternatifs à l’auto-solo», peut-on lire dans la lettre.

Cohabitation

Quelques voies partagées bus-vélo ont été instaurées au cours des dernières années, notamment sur la rue Viau, et «aucun enjeu de cohabitation n’a été identifié», répond le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, dans une missive également adressée à M. Rotrand.

Il ajoute que les voies réservées qui ont été sélectionnées pour les couloirs bus-vélo sont assez larges et qu'elles ont «un débit maximal de circulation permettant d’assurer à la fois la sécurité des cyclistes et la performance des bus».

«En milieu urbain, la vitesse commerciale des bus et celle des vélos sont sensiblement la même ce qui réduit l’occurrence de manœuvre de dépassement», a aussi mentionné M. Schnobb.

Sécurité

Les voies partagées bus-vélo doivent être «sur une artère sécuritaire assortie d'une ligne d’autobus qui ne soit pas trop achalandée. Sinon, il est évident que cela serait dangereux pour les cyclistes et que cela ralentirait considérablement le trajet des utilisateurs du transport en commun», a commenté Marc-Antoine Audette, attaché de presse du parti d’opposition Ensemble Montréal.

Ce partage risque de ralentir les autobus, les rendant moins attirants pour d’éventuels usagers, estime aussi M. Rotrand. «Les autobus ont de larges angles morts qui sont dangereux pour les cyclistes», a souligné celui ayant longtemps siégé au CA de la STM. «Quelqu’un va être tué éventuellement», a-t-il prévenu.

Par ailleurs, «ce n’est pas vrai qu’en implantant toujours plus de voies cyclables, le nombre de cyclistes augmentera parallèlement. [...] C’est une question de géographie et de climat».

La cohabitation peut être possible sur des voies pas trop étroites ni trop achalandées, juge François Pépin, président de Trajectoire Québec, qui souhaite toutefois qu’elle ne réduise pas l’efficacité du transport collectif. Sur la route, en général, le risque pour la sécurité réside dans la différence de vitesse, a-t-il expliqué.

«Il y aura un effort de communication à faire pour que les cyclistes puissent savoir quelles voies réservées sont permises», croit aussi M. Pépin.

À lire aussi

Et encore plus