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Montréal: les parcs-nature attirent 150% plus de gens que l’an dernier

Un ancien terrain industriel, situé au cœur du Mile End, abrite depuis plusieurs années le Champ des possibles, un espace vert, reconnu pour son aspect sauvage et sa biodiversité, développé grâce à une initiative citoyenne. Sur la photo: Clément Badra.
BÉATRICE ROY-BRUNET/24 HEURES/AGENCE QMI

Un ancien terrain industriel, situé au cœur du Mile End, abrite depuis plusieurs années le Champ des possibles, un espace vert, reconnu pour son aspect sauvage et sa biodiversité, développé grâce à une initiative citoyenne. Sur la photo: Clément Badra.

MONTRÉAL | Les compteurs des parcs-nature de Montréal ont enregistré une hausse de fréquentation de 150% par rapport à l’an dernier depuis le début du confinement, une tendance qui s’observe un peu partout à travers le pays. 

Selon un sondage national réalisé par l'organisme Amis des parcs, 70% des Canadiens ont vu leur intérêt pour les parcs s'accroître durant le confinement.

«Ils ont quasiment tous reconnu se rendre dans les parcs plus souvent pendant le confinement et plusieurs fois par semaine», confirme Clémence Marcastel, coordinatrice nationale des communications de l’organisme.

Les Montréalais sont représentatifs de ce phénomène : la Ville confirme que la fréquentation de ses parcs-nature a plus que doublé pour la période allant d’avril à juillet 2020, en augmentant de 150% par rapport à l’année précédente. La métropole contient huit de ces aires naturelles protégées, dont les parcs-nature Cap-Saint-Jacques, Bois-de-l’île-Bizard ou encore Pointe-aux-Prairies.

Budgets menacés

Malgré cet intérêt évident pour les parcs urbains, 57% des municipalités canadiennes sondées dans le cadre du rapport sur les parcs urbains 2020 des Amis des parcs envisagent diminuer les budgets qui leur sont réservés en raison de la situation économique affectée par la COVID-19.

«C’est paradoxal qu’on se retrouve à avoir une demande accrue de la part des citoyens qui veulent aller dans les parcs à proximité du domicile et en même temps que les municipalités songent à une baisse du budget alloué aux parcs», reconnaît Mme Marcastel.

Cette dernière se réjouit toutefois de la consultation entamée par la Ville de Montréal pour l’élaboration du budget 2021. Ce sera l’occasion pour les citoyens de manifester leur intérêt sur la question, croit-elle.

Il est pour le moment trop tôt pour savoir si les budgets alloués aux différents parcs-nature ou aux parcs métropolitains de Montréal seront modifiés. «Du côté du Service des grands parcs, du Mont-Royal et des sports, comme les budgets pour l'année 2021 sont en élaboration, il est encore trop tôt pour présumer du résultat», a indiqué la Ville par courriel.

Les parcs locaux, plus petits, sont de leur côté entièrement gérés par les arrondissements; il s’agit donc de cas par cas.

On peut participer à la consultation budgétaire de la Ville de Montréal en se rendant au www.realisonsmtl.ca.

Un bijou caché dans le Mile End  

Plusieurs parcs montréalais sont bien connus des résidents de la métropole, mais certains restent des petits bijoux bien cachés. C’est le cas notamment du Champ des possibles, dans le Mile End.

Celui-ci est situé sur un ancien terrain industriel de la rue de Gaspé et abrite un espace vert reconnu pour son aspect sauvage et sa biodiversité. Il a été développé grâce à une initiative citoyenne.

Une discrète entrée tout près de l’ancien espace de coworking Aire commune mène aux sentiers verdoyants bordés de feuilles et de fleurs de diverses hauteurs qui constituent le Champ des possibles. Des enfants jouaient tranquillement entre les herbes aussi grandes qu’eux et taquinaient les abeilles, lors de notre passage la semaine dernière.

Cet aspect sauvage, qui tranche avec les parcs classiques où la pelouse est reine, est inscrit dans l’ADN des lieux, explique un des membres de l’organisme des Amis du Champ des possibles, Clément Badra. Le gazon n’y est d’ailleurs même pas tondu : seules l'herbe à poux et les plantes envahissantes sont retirées.

Biodiversité

La prédominance de la biodiversité dans cet espace vert est liée aux intérêts des premiers citoyens à s’intéresser à ce terrain industriel abandonné. «Au départ, c’était un biologiste et une artiste. Le biologiste, forcément, son intérêt c’était au sujet de la biodiversité. Un parc urbain normal n’est pas très riche en biodiversité», raconte M. Badra.

«Les gens qui se sont retrouvés autour du projet quand le comité de citoyens s’est formé se sont rendus compte que c’était quelque chose qu’ils aimaient ce caractère sauvage», poursuit-il.

Popularité grandissante

Le Champ des possibles n’a pas échappé à la popularité grandissante des parcs urbains et des espaces verts durant la pandémie. «On a remarqué une plus grosse utilisation du parc. Avec la distanciation sociale, les sentiers se sont un peu élargis avec le piétinement», remarque-t-il.

M. Badra soutient aussi que davantage de regroupements et de feux – une pratique interdite à Montréal et qu’il déconseille – ont lieu le soir sur l'espace vert.

Ce dernier rappelle qu’un espace vert amène des avantages au bien-être des citoyens d'un quartier, mais aussi à l’environnement. Ce lieu fournit notamment un îlot de fraîcheur et aide à gérer de l’eau de pluie.

Les parcs à Montréal en bref    

  • Superficie totale des parcs: 4 470 hectares  
  • % d’aires naturelles des parcs: 39%  
  • % de la superficie de la ville occupée par des parcs: 12%  
  • Nombre de parcs à chiens: 49  
  • Nombre de jardins communautaires et fermes urbaines: 97    

*Données: Amis des parcs

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