Percé-Montréal : 1100 km de course... en sandales ! | 24 Heures MTL
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Percé-Montréal : 1100 km de course... en sandales !

C'est en sandales que l'ultramarathonien Joan Roch, qui est en train de courir Percé-Montréal, parcourt des dizaines de kilomètres de course chaque jour.
PHOTO COURTOISIE JOANROCH.COM

C'est en sandales que l'ultramarathonien Joan Roch, qui est en train de courir Percé-Montréal, parcourt des dizaines de kilomètres de course chaque jour.

L’ultramarathonien Joan Roch, qui passe ses vacances à courir de Percé à Montréal et qui devrait arriver demain vers 7h30 au belvédère Kondiaronk sur le mont Royal, a parcouru plus de 1000 km ces quatorze derniers jours... en sandales ! Dans l’univers de la course, toute une école de pensée, à laquelle je me convertis de plus en plus, préconise le minimum en termes de souliers.  

Lorsque j’avais douze ans, un professeur d’éducation physique m’a diagnostiqué un talent pour la course à pied d’endurance. Il a alors écrit un billet à mes parents pour leur demander de me procurer les meilleurs souliers possible, ce qu'ils ont fait. Bientôt, les ennuis commencèrent. Aux genoux. Mes rotules claquaient.

Je ne me doutais pas que mes souffrances étaient probablement occasionnées par mes merveilleux nouveaux souliers. Ironiquement, si mes parents n’avaient pas investi dans ces chaussures haut de gamme, je m’en serais presque certainement mieux porté. Sans souliers, nos lointains ancêtres chassaient surtout à l’épuisement : ils pourchassaient une proie sur de très longues distances jusqu’à ce qu’elle tombe de fatigue. Nos pieds sont donc « faits », littéralement, pour la course d’endurance. L’évolution a accompli le travail, à nous d’en profiter. 

Coussins nuisibles

Lors de mon premier marathon en 2010, un des concurrents courrait nu-pieds. Sur l’asphalte brûlant, il fallait le faire. « Il est fou ! » me suis-je dit. Eh bien, ce va-nu-pieds m’a quand même battu. Je l’ignorais, mais, l’année précédente, un best-seller, Né pour courir, venait de paraître et son influence était déjà gigantesque... au grand dam de l’industrie du soulier de course. 

L’auteur Christopher McDougall y défend la thèse, extrêmement convaincante, voulant que les souliers épais et rembourrés soient responsables de la plupart des blessures. À sa suggestion, je fais la grève des souliers neufs. Je ne m’en suis pas procuré depuis six ans. Mes vieux souliers finis font parfaitement l’affaire justement parce qu’ils sont finis. Combien de fois me suis-je blessé au cours des dernières années où j’ai couru quelques milliers de kilomètres ? Zéro.

Maintenant, vous savez pourquoi Joan Roch court avec des sandales de course plutôt qu’avec des souliers. 

Des nouvelles de Joan Roch

Joan Roch aura donc mis plus de jours que prévu pour courir de Percé à Montréal. Au lieu de courir l’équivalent de trois marathons quotidiens pendant dix jours, il aura plutôt plus couru l’équivalent de deux marathons par jour pendant quinze jours. Au moment d’écrire cette chronique, il vient de dépasser Trois-Rivières. Au moment où vous lisez ceci mardi, il progresse vers Longueuil, où il dormira chez lui, avant l’étape finale jusqu’au sommet du mont Royal, prévu mercredi matin.

Il m’a donné rendez-vous à 6 h sur le pont entre les deux étangs du parc La Fontaine. J’y serai, avec mon fils dans une poussette de course, pour l’attendre et courir les derniers kilomètres avec lui jusqu’au belvédère du mont Royal. Libre à vous de vous joindre à nous si vous êtes assez lève-tôt. Dans cas, au plaisir de faire votre connaissance demain matin. 

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