COVID-19 : l’emploi des informaticiens touché | 24 Heures MTL
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COVID-19 : l’emploi des informaticiens touché

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La situation n’est pas aussi rose qu’on pourrait le penser pour les travailleurs de l’informatique. Ce secteur toujours en ébullition est en fin de compte aussi touché par la crise. L’âge d’or de l’informatique tire-t-il à sa fin ?

Pas moins de 66 % des informaticiens craignent de perdre leur emploi en raison de la pandémie de COVID-19. Voilà ce qui ressort d’une recherche menée auprès de 2 700 développeurs dans 105 pays publiée en avril dernier par la plateforme d’apprentissage en ligne Codingame. Le Canada figure d’ailleurs parmi les pays qui subissent des impacts directs de la crise, estiment de leur côté des acteurs québécois du milieu informatique. 

Christopher Chancey est vice-président de la Guilde du jeu vidéo du Québec, qui représente environ 300 entreprises dans la province. Selon lui, les studios membres de son association sont les plus touchés par la pandémie. « On roulait sur les huit cylindres, illustre-t-il. Le monde roule en ce moment sur du quatre cylindres. [...] Pour tout le monde en production et en préproduction de jeux, la COVID-19 a entraîné du travail à la maison, donc des ralentissements. Cela cause des retards. Tous les événements internationaux ont aussi été annulés, ce qui empêche d’obtenir de nouveaux contrats ou du financement de l’international. »

Le manque de fonds des clients, les congrès annulés et les revenus moindres ne sont toutefois pas les seuls problèmes auxquels les développeurs font face actuellement.

Les petits joueurs menacés

Alors que le gouvernement tente d’aider le plus grand nombre de personnes et d’entreprises possible, les petits studios de production de jeux, en activité depuis peu, sont rarement admissibles aux subventions, selon Christopher Chancey. « Ce sont des studios qui n’ont souvent même pas un an d’existence. On ne peut pas se fier aux résultats passés pour constater des pertes et recevoir de l’argent. » Il est donc difficile pour ces employeurs de garder le rythme et de maintenir tous les postes sans subventions salariales.  

Si le gouvernement ne peut pas nécessairement aider ces studios, le vice-président de la guilde qui les représente affirme travailler sur des solutions, notamment pour jumeler les acheteurs et les studios.   

Les grandes entreprises aussi touchées

Même si les indépendants risquent davantage d’être touchés par la crise, les grandes entreprises, qui s’en tirent souvent relativement bien, finiront elles aussi par en voir les effets sur leur productivité.

Roberto Peraza Rodriguez, développeur pour l’entreprise montréalaise CGI, estime que son employeur s’en sort bien, du moins pour l’instant. « Ça va finir par affecter tout le monde, dit-il cependant. Ça va devenir une cascade de choses qui vont être pires pour tout le monde. Personne ne livre. Si les clients ne peuvent pas payer pour leurs logiciels, c’est difficile de trouver une solution. »

Malgré tous les projets reportés ou annulés, il croit néanmoins que de nouvelles occasions se présenteront dans certains secteurs clés. « Dans le tourisme et l’aéronautique, c’est plus difficile, mais il y aura des opportunités de développer des projets dans le domaine de la santé, par exemple. »  

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