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La librairie Racines déménage

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GABRIEL BEAUCHEMIN/24 HEURES/AGENCE QMI

Installée depuis trois ans dans Montréal-Nord, la libraire Racines a déménagé le 8 août dernier près de la station de métro Beaubien, sur la rue Saint-Hubert, à Montréal. 

La date du 8 août aura marqué un anniversaire comme un déménagement pour la librairie Racines. L’institution, connue pour mettre de l’avant des auteurs issus des communautés racisées, s’est relocalisée dans le quartier de la Petite-Patrie au moment même où elle entamait sa quatrième année d’existence.

Le confinement provoqué par la COVID-19 a été difficile pour la librairie qui louait depuis trois ans un local dans l’arrondissement de Montréal-Nord, mais ce sont plutôt les relations difficiles entretenues ensuite avec le propriétaire qui ont forcé sa relocalisation.

«Ce n’était pas nécessairement un objectif, a expliqué la fondatrice et directrice de la librairie Gabriella Garbeau. Tout allait bien jusqu’à la COVID, mais ensuite nos activités ont cessé, on n’avait plus d’entrées d’argent, on a commencé à avoir des différends avec le propriétaire et on ne s’est pas remis de ces différends-là.»

En résulte un déménagement dans les locaux du Ausgang Plaza qui nourrit chez la fondatrice un enthousiasme mitigé, alors que la déception de devoir quitter l’endroit qui a vu naître sa librairie se mêle à la fébrilité de pouvoir rencontrer de nouveaux lecteurs.

GABRIEL BEAUCHEMIN/24 HEURES/AGENCE QMI

«C’est certain que c’est déchirant, a indiqué Gabriella Garbeau. Dans l’Est, les gens regrettent notre départ; ici, au centre, les gens nous accueillent à bras ouverts et sont contents qu’on soit là. On est tristes et heureux à la fois.»

«C’est dommage parce que quand on regarde notre situation aujourd’hui, ce ne sont pas les fonds qui manquent, a-t-elle poursuivi. On a repris nos activités et ça fonctionne super bien. Peut-être qu’un des facteurs qui l’explique, c’est qu’on est maintenant très bien situés, mais c’est aussi en raison de ce qui s’est passé avec George Floyd. Il y a plusieurs organisations qui ont dit qu’elles allaient nous soutenir et, maintenant, on fait face à un élan de solidarité incroyable qui fait qu’on n’a pas nécessairement de problèmes de liquidités. Donc, on trouve ça dommage d’avoir eu à quitter, mais en même temps, je crois que rien n’arrive pour rien.»

Célébration

La librairie, qui a maintenant pignon sur rue non loin de la station Beaubien au 6524 Saint-Hubert, a toujours eu comme mission de mettre en avant-plan des auteurs issus des communautés racisées.

«On a souvent tendance à penser qu’on fait un travail contre le racisme, ce que j’accepte, mais ce qu’on fait, c’est aussi beaucoup dans la célébration, pas juste "contre", a soutenu Gabriella Garbeau. On veut montrer que les personnes racisées parlent de toutes sortes de choses, pas juste du racisme. On veut aussi montrer par exemple à quel point c’est important une littérature jeunesse qui est diversifiée.»

Si l’institution propose des livres provenant de toutes les communautés culturelles, elle choisit néanmoins de privilégier les auteurs en général moins exposés que les autres.

«Il y a tout un éventail de littérature africaine et caribéenne qui existe et que l'on veut présenter pour proposer une autre offre, a expliqué la directrice. Ce n’est pas que les autres littératures sont moins bonnes, c’est juste qu’on veut mettre quelque chose de différent de l’avant.»

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