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50 ans de tambours sur le mont Royal

Michel Séguin et son fils, Michel Séguin junior, ont joué du tam-tam ensemble au pied du mont Royal durant les années 70 et 80. On les voit ici autour de 1985.
PHOTO COURTOISIE

Michel Séguin et son fils, Michel Séguin junior, ont joué du tam-tam ensemble au pied du mont Royal durant les années 70 et 80. On les voit ici autour de 1985.

Ça fait 50 ans que des percussionnistes se réunissent les dimanches à Montréal dans cette célèbre communion que l’on surnomme «les tam-tams du mont Royal». Pour l’occasion, notre journaliste a revisité l’endroit avec Michel Séguin, qui a de fil en aiguille créé l’événement.

Malgré la foule éparse de cet été, conséquence du virus, le bruit est assourdissant autour du monument à Sir George-Étienne Cartier.

Le percussionniste Michel Séguin, fameux doyen des tam-tams, m’attend donc de l’autre côté de la rue, hors de ce vacarme. Vieillard de 80 ans à la barbe blanche, habillé exactement comme un musicien des années 1970 et coiffé d’un béret, il est confortablement étendu à l’ombre d’un arbre comme le personnage d’un tableau bucolique. Il manque seulement le brin de paille dans la bouche.

Un peu d’histoire

À partir de l’été 1970, avec sa femme et ses fils de 5 et 6 ans, Michel Séguin a commencé à planter sa tente au pied du mont Royal les fins de semaine. En cercle avec des amis musiciens réunis à son invitation, il jouait du tambour jusqu’à la tombée de la nuit, le dimanche, pendant toute la belle saison.

Son initiative a fini par instaurer «les tam-tams», mais ceux que l’on entendait il y a 50 ans étaient bien différents d’aujourd’hui. Au départ, les musiciens sur place étaient soucieux de technique et d’harmonie. Mais l’immense montée en popularité de l’événement pendant les années 1980 l’a transformé en véritables festivals dominicaux avec des marchands de vêtements, de bijoux, des kiosques de nourriture, des réunions de familles antillaises, etc.

Michel Séguin et son fils, Michel Séguin junior, ont joué du tam-tam ensemble au pied du mont Royal durant les années 70 et 80. On les voit ici autour de 1985.

PHOTO COURTOISIE

Michel Séguin et son fils, Michel Séguin junior, ont joué du tam-tam ensemble au pied du mont Royal durant les années 70 et 80. On les voit ici autour de 1985.

Au milieu des années 1980, Michel Séguin a déménagé à Hawaï, où il vit depuis tout en continuant de revenir au Québec l’été.

Depuis les années 2000, il visite les tam-tams à l’occasion, mais ne s’y reconnaît plus. «Initialement, mon cercle de tambours, c’était une symphonie, c’était beau, c’était subtil et mélodieux, se souvient-il. Maintenant, c’est cacophonique. On dirait parfois que chacun tape le plus fort possible pour chercher à enterrer les autres.»

Les changements n’empêchent pas son fils, Michel Séguin junior, de perpétuer encore la tradition chaque dimanche, lui qui a pour ainsi dire passé son enfance à jouer du tambour sur la montagne.

«Les artistes du Cirque du Soleil des premières années étaient des réguliers lorsqu’ils étaient en ville et ils faisaient des numéros», se rappelle Michel Séguin père.

Michel Séguin est arrivé au Québec plus tard qu’à l’habitude cet été, puisqu’il était bloqué à Hawaï en raison de l’annulation des vols à cause de la COVID-19. Il souhaite maintenant revenir vivre ici à temps plein. Malgré une santé fragile, il n’est pas question pour lui de prendre sa retraite: il continue de réparer des tambours et de conseiller de jeunes musiciens.

Michel Séguin junior pose ici le 16 août 2020 avec son père Michel Séguin, qui a créé accidentellement en 1970 l'événement qui deviendrait connu sous le nom des «tam-tams du mont Royal».

LOUIS-PHILIPPE MESSIER/24 HEURES/AGENCE QMI

Michel Séguin junior pose ici le 16 août 2020 avec son père Michel Séguin, qui a créé accidentellement en 1970 l'événement qui deviendrait connu sous le nom des «tam-tams du mont Royal».

Une vie de musicien  

Michel Séguin a grandi à Gatineau, entouré de passionnés de musique dès son plus jeune âge.

«Ma famille était très mélomane et mes oncles jouaient du violon, raconte Michel Séguin. En 1954, des Jamaïcains sont déménagés près de chez nous, c’était une famille passionnée de musique. Nous nous sommes mis à jouer des mélanges de rigodon et de calypso, le précurseur du reggae qui est apparu seulement une dizaine d’années plus tard.»

Michel Séguin junior a pour ainsi dire grandi en jouant des percussions au pied du mont Royal, puisque son père, Michel Séguin, a commencé à le faire tous les dimanches d'été en 1970. Il maintient aujourd'hui encore la tradition.

LOUIS-PHILIPPE MESSIER/24 HEURES/AGENCE QMI

Michel Séguin junior a pour ainsi dire grandi en jouant des percussions au pied du mont Royal, puisque son père, Michel Séguin, a commencé à le faire tous les dimanches d'été en 1970. Il maintient aujourd'hui encore la tradition.

Son curriculum de musicien est assez long pour donner le vertige. Notamment, il a cofondé le Ville-Émard Blues Band en 1973 et le groupe Toubabou en 1974 à l’occasion de la Superfrancofête à Québec (dont il a été l’un des principaux organisateurs).

Il a été percussionniste notamment pour Louise Forestier, Robert Charlebois (qu’il a accompagné dans sa tournée européenne), Zachary Richard, Claude Dubois, Renée Claude et même Yvon Deschamps (qui a toujours offert aussi des numéros musicaux). Il a aussi donné des ateliers aux Foufounes électriques.

«J’ai patenté mon premier djembé en 1971 avec une hache et du bouleau parce que c’était introuvable et que je venais de découvrir ça en Jamaïque», raconte le globe-trotter qui s’est formé à l’art rythmique dans les Antilles et en Afrique (Sénégal, Mali, Togo, Côte d’Ivoire).

Michel Séguin, qui a aujourd'hui 80 ans, a commencé à jouer du tam-tam les dimanches au pied du mont Royal en 1970, avec des amis percussionnistes. Il a ainsi lancé accidentellement les événements aujourd'hui connus sous le nom des «tam-tams du mont Royal».

LOUIS-PHILIPPE MESSIER/24 HEURES/AGENCE QMI

Michel Séguin, qui a aujourd'hui 80 ans, a commencé à jouer du tam-tam les dimanches au pied du mont Royal en 1970, avec des amis percussionnistes. Il a ainsi lancé accidentellement les événements aujourd'hui connus sous le nom des «tam-tams du mont Royal».

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