Vive opposition à l’autoroute à vélos sur le Plateau-Mont-Royal | 24 Heures MTL
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Vive opposition à l’autoroute à vélos sur le Plateau-Mont-Royal

Image principale de l'article Vive opposition au REV sur la rue Saint-Denis
Joël Lemay / Agence QMI

À Montréal, on a rarement vu une opposition aussi intense et ferme de la part de commerçants du Plateau-Mont-Royal à l'égard d'un projet de l'administration Plante: une cinquantaine de femmes et d'hommes d'affaires signent, mardi, une lettre ouverte contre le Réseau Express Vélo (REV).

Les travaux de cette nouvelle artère pour vélos sont déjà amorcés sur la rue Saint-Denis, entre les rues Saint-Joseph et Bélanger, créant une congestion importante dans le secteur.

L'affaire a même entraîné un débat lors de la période de questions de l'assemblée du conseil mardi.

«Quand est-ce que cette administration Plante acceptera que leur vision idéologique ne rime pas toujours avec les objectifs des commerçants. Quand est-ce que cette administration reviendra sur Terre pour réaliser que son agenda politique nuit à l’économie locale et acceptera-t-elle en fin d’écouter les commerçants qui lancent ce cri du cœur?» a questionné Francesco Miele, d’Ensemble Montréal.

«Les commerçants nous ont dit justement "ne faites rien pendant la période d’été. Juillet-août, c’est la période la plus critique où on peut reprendre un peu le dessus sur les affaires et la période de Noël ". Donc on fait les travaux à partir de la fête du Travail pour nous assurer que ce soit fini pour Noël qui est une autre période critique, c’est ce que nous ont dit les commerçants», a répondu le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin.

 

LA LETTRE

La rue Saint-Denis à Montréal, vous connaissez?

Nous, les commerçants qui l’habitons et lui donnons vie, ne la reconnaissons plus. Cette rue, elle souffre. Elle souffre d’une indifférence si aiguë qu'elle risque d'y laisser sa peau.

Alors qu'on nous martèle que nous entrons dans une ère de relance économique, alors que l'achat local est primordial, et qu'on nous répète qu'il ne faut pas perdre nos entrepreneurs, car ils seront la clé d'une santé économique renouvelée, la ville semble tout mettre en œuvre pour nous faire fermer.

Si les travaux de 2015-2016 nous ont affaiblis, la pandémie nous a presque achevés. Alors que nous commencions à sortir la tête hors de l'eau, nous apprenons que de nouveaux travaux débutent pour la construction du Réseau express vélo (REV). Un réseau qui enlèvera la moitié des places de stationnement (déjà peu nombreuses) pendant les mois de construction et deux voies de circulation en définitive. Ces modifications auront des conséquences majeures sur l’accessibilité à nos commerces pour la clientèle, particulièrement pendant l’hiver et la période des fêtes. Elles entraveront les livraisons et les expéditions, et, par conséquent, l'approvisionnement et le commerce en ligne.

On se pose la question : comment un projet qui empêchera les livreurs de livrer, les consommateurs de consommer et les commerçants de commercer peut-elle aider les entrepreneurs à jouer leur rôle dans cette relance? À force de se faire mettre des bâtons dans les roues par la Ville quand, du même coup, elle leur demande de courir, les commerçants vont quitter, l'indifférence les fera fuir.

Soyons clairs, nous sommes en faveur d'une vision globale de mobilité durable, mais nous déplorons le manque de vision globale en faveur d'une économie vivante.

Nos demandes répétées pour obtenir des informations sont demeurées lettre morte. Une étude d'impact sur la fluidité de la circulation a-t-elle été menée? Un plan pour assurer la cohabitation sécuritaire des piétons, des cyclistes et des automobilistes a-t-il été élaboré? Si cela a été fait, les résultats ne nous en ont jamais été communiqués.

Nous ne savons même pas comment les esquisses du REV ont été déterminées. L’administration municipale a-t-elle seulement un plan pour assurer la viabilité et la survie des commerçants de la rue?

En mode solutions, les commerçants ont pourtant fait preuve de flexibilité auprès de la ville : nous avons proposé un report des travaux au printemps 2021 ou des voies express temporaires. Mais alors qu'on se fait dire qu'il faut se réinventer, la municipalité, elle, est incapable de le faire.

Les conséquences seront lourdes à porter puisque derrière chaque commerce qui ferme se conjugue une multitude d’histoires : des retraites perdues, des relèves entrepreneuriales qui détournent le regard, des destinations qui n’existeront plus à Montréal, des expertises non renouvelées, des consommateurs qui iront ailleurs.

Nous voulons que la Ville nous redonne le droit d’exploiter nos commerces. On veut seulement qu'elle nous permette d'exister, de participer pleinement à la relance économique et de gagner notre pain.

Cet appel urgent vise la survie de centaines d’entreprises de commerce de détail et de services. Devant l'absence de réponses, nous demandons une rencontre d'urgence avec la mairesse Valérie Plante. Madame Plante, on ne demande qu'à vivre et à être écoutés.

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