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Du béton des États-Unis pour le REM

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PHOTO COURTOISIE REM/NOUVLR

Les dizaines de milliers de traverses de béton qui seront installées sous les rails du Réseau express métropolitain (REM) ont été commandées à une entreprise américaine, un choix que les responsables du projet refusent d'expliquer. 

Non seulement les trains du REM auront été faits en Inde par une compagnie française, ils rouleront sur des rails appuyés sur des traverses de bétons faites aux États-Unis.

La compagnie Vossloh North America, dont le siège social est situé en Caroline du Nord, fournira près de 40 000 traverses qui seront posées sous les rails le long des 67 kilomètres du tracé du futur train électrique léger.

Impossible de connaître la valeur du contrat ni si des entreprises québécoises ont participé à l'appel d'offres; le bureau de projet du REM juge cette information confidentielle, même si la moitié du financement du projet de 6,5 milliards $ provient des gouvernements provinciaux et fédéraux.

Rappelons que le REM est développé par CDPQ Infra, une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

«Il y a des investissements publics importants dans le projet. [...] La décision de choisir une entreprise américaine doit être justifiée auprès des investisseurs québécois et de la population», estime la professeure associée au Département d'études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Florence Junca-Adenot.

Celle qui a été présidente-directrice générale de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) croit que la Caisse doit expliquer le processus l’ayant menée à retenir une compagnie étrangère afin de fournir ses traverses de béton.

La province compte plusieurs compagnies spécialisées en fabrication de produits en béton.

Sans donner plus de détails sur l'octroi du contrat des traverses, une porte-parole du bureau du REM a souligné que plusieurs entreprises québécoises avaient été sélectionnées pour d'autres contrats.

«Environ 86% des contrats d’approvisionnement octroyés pour le projet REM par NouvLR [NDLR : le consortium responsable de la construction] ont été signés avec des entreprises du Québec et près de 98% avec des entreprises canadiennes», a dit Emmanuelle Rouillard-Moreau.

COURTOISIE REM/NOUVLR

Trains

Ce n'est pas la première fois qu'une entreprise étrangère est impliquée dans le cadre des travaux de construction du REM.

En février 2018, le constructeur français Alstom avait été préféré à l'entreprise québécoise Bombardier Transport pour la fabrication des 212 voitures du REM, une décision qui avait fait couler beaucoup d'encre. La filiale transport de Bombardier devrait être acquise par Alstom qui négocie un prix d’achat avec l’entreprise québécoise.

En novembre dernier, le «Journal de Montréal» rapportait les conditions de travail difficiles des employés de l'usine indienne d'Alstom où sont fabriqués les trains du REM.

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