«Disparitions» de Jonathan Personne: entre rock classique et musique de film | 24 heures
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«Disparitions» de Jonathan Personne: entre rock classique et musique de film

Image principale de l'article Jonathan Personne, le rockeur raffiné
Joël Lemay / Agence QMI

Jonathan Personne dévoile avec «Disparitions» son deuxième album en carrière où les textes parfois sombres de ses morceaux rejoignent des arrangements d’un rock raffiné et lumineux. 

«Ça a été assez spontané quand je me suis mis à écrire l’album. Je me sentais assez inspiré. Et il y a aussi le fait que je ne calcule pas trop mes “moves” dans la vie», indique d’emblée Jonathan Robert, de son nom d’artiste Jonathan Personne.

Le musicien, également membre du groupe montréalais Corridor, a voulu avec ce nouvel opus bâtir un univers sonore à travers lequel l’élégance de la musique de film pourrait rejoindre le côté brut des sonorités rock. Il s’en dégage une ambiance quelque peu rétro et planante où les guitares électriques, mises à l’avant-plan, dictent le rythme.

«J’avais envie d’un disque plus “classic rock” et d’un autre avec des influences de trame sonore, de musique de film, Ennio Morricone par exemple. Il y a des envolées parfois un peu épiques. C’est comme deux voix que j’ai essayé de mélanger pour cet album-ci», explique le compositeur.

«On a enregistré ça avec une vieille machine à “tape”, ça donne une couleur particulière, qui sonne quand même un peu “vintage”, sans que ce soit trafiqué avec des “plug-ins” ou des pédales», poursuit-il.

Pause

Engagé dans plusieurs projets depuis le début de l’année 2020, l’artiste ne prévoyait pas dévoiler son deuxième album de sitôt, mais le confinement des derniers mois en a décidé autrement.

«J’étais censé être en tournée pas mal tout le printemps et l’été avec mon autre groupe Corridor. Finalement la pandémie a éclaté et a fait en sorte que je suis retourné d’urgence à Montréal, explique Jonathan Robert. Donc là, j’avais seulement mes projets musicaux personnels auxquels me consacrer. Ça a été une bonne opportunité de terminer ça.»

Cette mise à l’arrêt a été d’ailleurs salutaire pour l’artiste, alors qu’elle lui a permis d’entamer une remise en question par rapport au rythme de vie parfois exigeant et saturé dans lequel il s’était investi depuis le début de sa carrière.

«C’est un album qui est arrivé dans une période assez spéciale dans ma vie, indique le musicien. En 2019, j’ai sorti mon premier album solo, j’ai composé, enregistré et sorti “Junior” avec Corridor, j’ai réalisé trois ou quatre vidéoclips, j’ai fait des contrats d’illustration, j’ai fait de la tournée en Europe, aux États-Unis, et donc je suis arrivé à l’été 2019 quand même claqué. Et ça a été un gros constat dans ma vie: je réalisais qu’il fallait que je prenne un break de tout ça parce que j’en venais à être amer de faire quelque chose que j’aime à la base. Mais bon, j’ai trouvé le moyen de plus choisir quoi faire dans ma vie, de savoir dire non.»

Disparitions

Le titre de son deuxième opus, ainsi que ses textes souvent plus sombres, renvoient d’ailleurs tout à fait à cette période de remise en question.

«C’est pour la disparition de plein de choses, résume l’auteur, lorsqu’on le questionne sur le choix du titre de son album. La thématique de fin du monde est présente. Il y a l’envie de faire ce que je voulais qui était en train de s’effacer et il y a moi en revenant [de la tournée] qui me suis isolé un certain moment. C’est pour ça qu’il est au pluriel, la disparition a plusieurs aspects.»

«Mais il y a quelque chose de lumineux, j’ose espérer, à travers tout ça, ajoute-t-il. Il y a un peu de romance à travers des thématiques de fin du monde, il y a quelque chose de beau dans des paysages désolés parfois. C’est l’approche que j’essaie d’avoir avec la musique que je fais, comme une tristesse heureuse.»

L’album «Disparitions» sera disponible dès vendredi. Le spectacle de lancement de Jonathan Personne aura lieu le 23 septembre dans le cadre du festival Pop Montréal.

 

Les projets de Jonathan Robert  

En parallèle à son projet solo, Jonathan Robert est également membre de la formation montréalaise Corridor, qui a dévoilé en octobre 2019 son album intitulé «Junior» sous la prestigieuse étiquette américaine Sub Pop. L’expérience de composition, quand elle se fait en groupe, est complètement différente.

«Quand ça fait une bonne coupe d’années que tu composes avec le groupe, parfois il y a des frustrations, t’as l’impression de ne pas être allé au bout de ton idée, mais en même temps c’est l’esprit du partage des idées, explique le musicien. Et le fait d’avoir parti mon projet solo, ça m’a mis vraiment en paix avec ça, et je l’apprécie.»

«Le côté négatif par contre, de faire tout ça seul, c’est que c’est beaucoup de responsabilités à porter sur tes épaules, poursuit-il. Il n’y a pas juste la composition, c’est toi qui dois “driver” les trucs, tu ne peux pas partager les tâches qui viennent autour de la composition des chansons. L’un me met en paix avec l’autre.»

Vidéoclips

Également, et à travers son rythme de vie déjà bien chargé, Jonathan Robert se consacre aussi à la réalisation de vidéoclips. Il a notamment travaillé avec plusieurs artistes québécois, dont Peter Peter, le groupe Chocolat, ainsi que sa formation Corridor. D’abord artiste visuel, c’est seulement ensuite qu’il a commencé à se consacrer à la musique.

«Je dessinais à la base, je faisais des “flyers”, et suite à ça je me suis mis à faire des pochettes d’albums et des vidéoclips. C’est comme un univers qui en a amené un autre, résume le réalisateur. Je l’ai surtout fait pour moi-même à la base, pour mes groupes de musique, mes projets musicaux. J’ai toujours trouvé ça bon des artistes avec un univers visuel très fort.»

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